Controverse sur la natalité: une candidate du Parti québécois se défend

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — Après la controverse provoquée par une chronique sur les ondes de Radio-Canada au sujet des positions natalistes du Parti québécois (PQ), une candidate péquiste s’est défendue et a tenu à préciser ses positions au sujet des familles.
Lors d’un segment de l’émission «Tout peut arriver» diffusée samedi, le professeur de philosophie Xavier Brouillette y est allé d’une analyse dans une perspective «féministe-marxiste» sur les positions natalistes du PQ après l’annonce de la candidate Audrey Bujold, mère de quatre enfants et titulaire d’un doctorat en sciences de la famille, dans le comté de Bellefeuille.
La semaine dernière, elle a affirmé en entrevue avec La Presse Canadienne qu’elle partageait les préoccupations du chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, quant au faible taux de naissance au Québec et qu’elle voulait lever les obstacles pour encourager la natalité.
Dans sa chronique, Xavier Brouillette a notamment affirmé que «les politiques natalistes de Paul St-Pierre Plamondon, peu importe la justification qu'il dit, c'est quand même une certaine manière d'instrumentaliser le corps des femmes du point de vue de la nation».
«Ces personnes peuvent peut-être vouloir avoir des enfants, mais derrière ça, qu'est-ce qui est en opération? Qu'est-ce qui se trame? C'est cette idée selon laquelle le socle inamovible de la société qui rend possible la nation, c’est la famille», a ajouté M. Brouillette.
«Dépasser les oppositions simplificatrices»
Audrey Bujold a décidé de prendre la plume pour contribuer au débat et préciser ses positions.
«Il est nécessaire de dépasser les oppositions simplificatrices dans le discours sur la natalité pour reconnaître une réalité simple: de nombreux projets parentaux sont aujourd’hui entravés par des contraintes contemporaines», a-t-elle écrit dans une lettre publiée dans «Le Devoir» jeudi matin.
Elle indique que «l’indice synthétique de fécondité a franchi un creux historique au Québec, pour s’établir à 1,33 enfant par femme en 2024».
«À titre de comparaison, il avait culminé à 1,73 en 2008-2009 avant de réamorcer sa tendance à la baisse», affirme Mme Bujold.
La candidate péquiste de 31 ans ajoute qu’elle prône une politique «pro-familles», plutôt que «nataliste».
«Une politique “pro-familles” agit donc en amont et en continu. Elle crée un environnement dans lequel il devient possible et viable d’avoir des enfants, si on le souhaite. Cela dit, une telle politique peut tout à fait inclure des mesures susceptibles de favoriser la natalité, sans que celles-ci deviennent un indicateur de réussite central», explique la candidate péquiste dans sa missive.
«Idéologues marxistes»
Le chef péquiste n’a pas non plus manqué de répliquer à la chronique de Xavier Brouillette sur les réseaux sociaux dimanche dernier en affirmant que les «idéologues marxistes» ont «envahi les ondes de Radio-Canada».
«Choisir d’avoir des enfants et de se dédier à sa famille n’est ni une expropriation du corps des femmes par le capitalisme, ni un projet obscur qui serait l’œuvre de “tradwives”. C’est de se donner à la vie d’une autre personne et de les aimer inconditionnellement», a-t-il notamment écrit sur Facebook.
Il poursuit son message en énumérant des raisons qui peuvent freiner les familles d’avoir des enfants: «la crise du logement, le coût de la vie, le temps qui semble toujours manquer dans notre époque, la perte de confiance envers l’avenir ou la pression d’être des parents parfaits».
«Mais il y a également la dévalorisation de la famille par des idéologies radicales, mais pourtant combien présentes dans le discours public, qui font la promotion de la déconstruction de notre société, notamment la déconstruction des familles», ajoute-t-il.
Paul St-Pierre Plamondon a aussi déjà affirmé que des «seuils astronomiques» d’immigration pouvaient nuire au taux de natalité.
Le débat sur la natalité est de plus en plus présent sur la scène politique québécoise.
Lors de la course à la chefferie caquiste, le candidat Bernard Drainville avait proposé de rembourser jusqu’à trois cycles de fécondation in vitro afin que la «famille redevienne un projet de société».
Le chef conservateur Éric Duhaime a pour sa part affirmé que notre «survie et notre épanouissement comme peuple passent notamment par un retour aux familles traditionnelles et nombreuses».
Thomas Laberge, La Presse Canadienne