Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Edmonton connaît l'été le plus pluvieux jamais enregistré

durée 19h06
28 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

EDMONTON — La capitale de l'Alberta a battu le record de l'été le plus pluvieux jamais enregistré quelques jours avant le début du mois d'août, entraînant des inondations, l'annulation de spectacles et une invasion incessante de moustiques.

Edmonton avait déjà reçu 580 millimètres de pluie mardi matin, battant ainsi le record établi en 1953, qui était de 417 millimètres pour la période de juin à août.

«En général, si l'on considère les trois mois que sont juin, juillet et août, nos étés affichent en moyenne environ 213,3 millimètres de pluie», a indiqué en entrevue Brian Proctor, météorologue à Environnement et Changement climatique Canada.

«Mais cette année, le temps a été exceptionnellement pluvieux et orageux.»

Edmonton est également en passe d’enregistrer le mois de juillet, et le mois tout court, le plus pluvieux jamais observé.

Le record de précipitations pour le mois de juillet, établi en 1901, s’élève à 282 millimètres et, mardi, la ville avait déjà enregistré 260,7 millimètres, a précisé M. Proctor.

Environnement Canada recueille des données météorologiques à Edmonton depuis les années 1880.

D’autres orages sont prévus pour les semaines à venir, dans ce qui est devenu un été de misère pluvieuse pour Edmonton. M. Proctor a expliqué que toute cette humidité dans la région alimentait également un cycle d’orages.

«Il faut garder à l’esprit une chose concernant les orages: l’humidité, c’est comme de l’essence, a-t-il détaillé. Plus il y a d’humidité disponible, plus les orages peuvent être violents.»

Ces orages intenses et fréquents ont régulièrement provoqué des inondations sur les routes, dans les ruelles et les sous-sols, et entraîné l’annulation de spectacles et d’événements.

Samedi, un violent orage a contraint les spectateurs à se mettre à l’abri lors d’un concert de Post Malone au Commonwealth Stadium.

Ces pluies torrentielles estivales ont perturbé les trajets des automobilistes. La Ville a indiqué mardi que plusieurs routes restaient fermées tandis que les équipes s’efforçaient de dégager les arbres tombés et de gérer les inondations localisées.

Elle a précisé que l’orage de lundi constituait le sixième événement météorologique majeur survenu dans la ville depuis juin.

Le mois dernier a également été le mois de juin le plus pluvieux jamais enregistré dans la ville. À la fin du mois, un violent orage a menacé de saturer les réseaux d’assainissement. Dans le cadre d’une alerte d’urgence, les habitants ont été invités à limiter les chasses d’eau et les douches afin d’éviter les refoulements d’égouts.

Des sites touristiques, notamment le Muttart Conservatory, ont fermé en raison des précipitations. Le Telus World of Science devrait rester fermé jusqu’à plus tard cette année afin de réparer les dégâts causés par l’eau.

Le parc national Elk Island, à l’est de la ville, a fermé ses portes ce week-end afin de permettre aux équipes de déblayer les arbres tombés, de réparer les clôtures endommagées et de nettoyer les débris.

L'augmentation de la population de moustiques a également entraîné une hausse des consultations hospitalières chez les enfants atteints du «syndrome du moustique», une réaction allergique intense et localisée à la salive du moustique.

Le Dr Andrew Dixon, médecin urgentologue à l’hôpital pour enfants Stollery, a déclaré que son établissement traitait cinq ou six enfants par jour atteints de cette affection.

Il a ajouté que le «syndrome du moustique» est plus fréquent chez les enfants et semble plus grave en début de saison.

«Avec le temps, le corps s'y habitue en quelque sorte et cesse de réagir aussi fortement», a expliqué le Dr Dixon. Il a précisé que cette affection n'était pas dangereuse et que les antihistaminiques étaient efficaces pour la traiter.

Mike Jenkins, chercheur principal à la Ville d’Edmonton, a indiqué que le nombre de moustiques dans la ville à la mi-juillet était 15 fois plus élevé qu’à la même période l’année dernière.

«C’est sans aucun doute le plus grand nombre de moustiques que nous ayons connu au cours de la dernière décennie», a affirmé M. Jenkins.

«Cela dit, cette décennie a également été l’une des plus sèches jamais enregistrées, jusqu’à présent.»

— Avec des informations de Fakiha Baig

Daniela Germano, La Presse Canadienne