L'industrie des bars presse Québec d'agir face à la vague d'extorsion

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — L'industrie des bars interpelle Québec sur la vague d'extorsion qui frappe de nombreux établissements depuis plusieurs mois.
La Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ) demande de reporter la réduction de la commission sur les loteries vidéos et de remettre sur pied un comité de concertation regroupant policiers et tenanciers.
Ce n'est pas la première fois cette année que l'organisme demande au gouvernement québécois d'agir concernant cette vague d'extorsion «sans précédent». La situation s'aggrave de plus en plus, relate le président-directeur général de la CPBBTQ, Renaud Poulin.
«Ça a commencé à Montréal et ça s'est mis à s'étendre sur la Rive-Sud, à Longueuil, à Laval et sur la Rive-Nord. Puis là, ça s'étire un peu partout. C'est très inquiétant, témoigne M. Poulin, en entrevue. La crise, elle ne diminue pas.»
Les actes criminels visant les établissements commerciaux se sont multipliés, expose la corporation. Ils vont de coups de feu contre des bâtiments aux cocktails Molotov, en passant par des menaces et des demandes d'argent en échange de «protection».
Difficile de comptabiliser le nombre d'établissements victimes d'extorsion au cours des derniers mois, alors que plusieurs craignent de dénoncer, évoque M. Poulin.
Néanmoins, les conséquences se font bien sentir dans l'industrie. Des propriétaires doivent investir des coûts supplémentaires pour renforcer la sécurité autour de leurs établissements. D'autres sont contraints de fermer leurs portes, rapporte la corporation.
En reportant la réduction de la commission sur les loteries vidéos versée aux bars, les établissements pourraient compter sur plusieurs milliers de dollars leur permettant de couvrir en partie les investissements en matière de sécurité, selon M. Poulin.
Il réclame également le retour d'un comité où les tenanciers pourraient se confier «en toute sécurité» auprès des policiers, comme au début des années 2000 avec le projet «Nocturne». L'initiative avait contribué à freiner la vague d'extorsion qui frappait les bars à cette époque, se rappelle M. Poulin.
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne