Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

La stratégie en IA d'Ottawa vise à augmenter l'adoption et donner confiance au public

durée 08h49
4 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Ottawa souhaite développer l'utilisation de l'IA au Canada — et prévoit d'y parvenir grâce à des formations gratuites en IA pour tous les Canadiens et à une législation visant à répondre à des préoccupations telles que la tarification par surveillance et la sécurité des agents conversationnels.

La stratégie nationale sur l'IA tant attendue du gouvernement fédéral, publiée jeudi, indique que le Canada présente «un retard sur le plan de l'adoption ».

Elle indique que moins de 15 % des entreprises canadiennes utilisent l’IA pour produire des biens ou des services, et que le Canada se classe derrière de nombreux autres pays tant en matière de formation et de littératie en IA que de confiance du public dans les systèmes d’IA.

Combler ce retard de formation et de littératie numérique «constitue le fondement de toutes les autres actions», indique la stratégie.

Elle précise qu’une nouvelle initiative en matière de culture numérique proposera une formation d’initiation à l’IA à tous les Canadiens et que le gouvernement veillera à ce que «tous les étudiants du postsecondaire aient accès à des agents d’IA fiables».

La stratégie met l’accent sur la confiance en l’IA comme un facteur clé.

Le gouvernement a déjà promis de présenter des projets de loi sur la protection de la vie privée et les préjudices en ligne afin de répondre à certaines des craintes des Canadiens concernant la technologie.

La stratégie promet de nouveaux outils juridiques pour «garantir la sécurité des interactions avec les agents conversationnels». Elle précise également que la législation «afin d’empêcher l’utilisation inappropriée des renseignements personnels, notamment à des fins de tarification par surveillance».

Investissements stratégiques

Le gouvernement investira 50 millions $ supplémentaires dans l’Institut canadien de sécurité de l’IA, créera un programme de certification pour une IA fiable et «fera progresser les travaux sur la transparence de l’IA, notamment grâce à des capacités comme le marquage des contenus générés par l’IA».

La stratégie promet de créer jusqu’à 90 000 emplois liés à l’IA et s’engage à adopter une approche «favorable aux travailleurs».

«Cela signifie que les technologies sont conçues pour renforcer l’expertise humaine plutôt que la supplanter, en permettant aux travailleurs d’accéder à des rôles à plus forte valeur ajoutée tout en générant des gains de productivité qui renforcent la compétitivité du pays», précise la stratégie.

Elle indique que le gouvernement consacrera 500 millions $ à l'expansion et au renforcement de l'Initiative régionale en intelligence artificielle «de façon à accélérer l’adoption et la commercialisation de l’IA à l’échelle du pays».

Si la stratégie parle beaucoup de souveraineté, elle ne prévoit pas de nouveaux financements pour les infrastructures informatiques et s’appuie plutôt sur les 2 milliards $ d’investissements déjà annoncés.

«Les chercheurs canadiens entraînent leurs modèles sur des plateformes infonuagiques étrangères. Les entreprises canadiennes stockent des données sensibles dans des juridictions étrangères. Les opérations gouvernementales reposent sur des infrastructures qui n’appartiennent pas au Canada. Par ailleurs, les meilleurs talents du pays font l’objet de pressions constantes de recrutement à l’international. Ces risques ne sont pas théoriques», prévient la stratégie.

Elle précise que le gouvernement fédéral s’attaquera à ces risques en développant des «capacités souveraines clés au pays, tout en établissant des partenariats avec des alliés de confiance et en recourant à des solutions offertes sur le marché lorsque cela est pertinent».

La stratégie promet également un nouveau programme visant à «faire progresser des projets ciblés à fort impact qui généreront des retombées importantes pour le bien public et des améliorations concrètes dans la vie de la population canadienne».

Le premier investissement de 200 millions $ sera consacré à l’amélioration des résultats en matière de santé.

La stratégie vise également à tirer parti de l’influence actuelle du Canada dans la recherche en IA, en indiquant que le gouvernement «renforcera son réseau élargi d’instituts nationaux d’IA et faire passer le nombre de chercheurs participant au Programme des chaires en IA Canada-CIFAR de 130 à près de 200 chercheurs».

Le gouvernement consacre également 500 millions $ à la création d’un Fonds canadien de croissance technologique. Il indique que ce fonds «offrira du capital de croissance flexible ainsi qu’un soutien à l’investissement, et permettra, dans certains cas, au gouvernement fédéral de prendre des participations dans les entreprises canadiennes d’IA les plus prometteuses».

La stratégie met également en avant les efforts d’Ottawa pour conclure des accords internationaux liés à l’IA. Elle promet d’étendre l’alliance pour la souveraineté technologique lancée avec l’Allemagne en février.

La stratégie la présente comme «une coalition de démocraties solidaires mettant en commun leurs recherches, leurs talents, leurs capacités de calcul et leur pouvoir d’achat offrirait une solution de rechange crédible aux acteurs dominants du marché qui contribuent de plus en plus à façonner le paysage mondial de l’IA.»

«Comme il dispose de capacités émergentes ou éprouvées qui complètent et renforcent celles des principales puissances moyennes, le Canada se positionne particulièrement bien pour agir à titre de chef de file».

Anja Karadeglija, La Presse Canadienne