Le chef conservateur, Éric Duhaime, assume son virage nationaliste

Temps de lecture :
2 minutes
Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — La nouvelle première ministre caquiste, Christine Fréchette, abandonne la troisième voie, selon son rival conservateur Éric Duhaime.
«Ils ont abandonné le terrain de l'autonomie. Personnellement, je m'en réjouis parce que nous, on a l'intention de l'occuper», a-t-il lancé en point de presse mercredi à Québec.
Depuis un certain temps, le Parti conservateur du Québec (PCQ) fait un virage nationaliste. Éric Duhaime a reconnu que cet aspect n’a pas toujours été très présent dans sa formation politique.
«À la dernière élection, je venais d'arriver, ça faisait un an que j'étais chef. On avait fait un seul congrès, on avait adopté évidemment des propositions principalement sur les thèmes majeurs, c’est-à-dire l'économie, la santé, l'éducation, etc. Sur l'aspect constitutionnel, on n'était pas allé au fond des choses», a-t-il expliqué.
Le chef conservateur vient d’ailleurs de publier un livre «Destination Autonomie» dans lequel il détaille sa troisième voie pour obtenir des gains pour le Québec à l’intérieur du Canada. Il veut entre autres s'inspirer de l’Alberta.
Éric Duhaime dit aussi vouloir inclure la disposition de dérogation dans toutes les lois adoptées au Québec, comme l’a fait le premier ministre René Lévesque en 1982.
«C'est pour pas se soumettre. Pour nous, être conservateurs, c'est de retourner à l'esprit des pères de la Confédération et dire que le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec sont souverains dans leurs compétences. C'était ça l’esprit du pays», a-t-il expliqué mercredi matin.
Un autre signe de ce virage nationaliste est son changement de cap sur la loi 96 qui renforce la Charte de la langue française. Le chef conservateur ne veut plus l’abroger, mais plutôt la modifier.
«On enlève les éléments qui rendent la vie plus misérable aux anglophones inutilement», a-t-il dit.
Le chef conservateur garderait toutefois la disposition de dérogation dans la loi et ne craint pas de s’aliéner la communauté anglophone en agissant de la sorte.
«Les anglophones ont intérêt à avoir une alternative qui ne veut pas de référendum et qui n'est pas le Parti libéral. Les anglophones sont depuis beaucoup trop longtemps otages d'un seul parti. Le fait que les libéraux jouent avec eux présentement, ça démontre la faiblesse politique de la communauté anglophone au Québec», a-t-il soutenu.
Thomas Laberge, La Presse Canadienne