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Le député bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay entend passer au PQ

durée 13h28
29 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

ST HYACINTHE — Le député bloquiste de Saint-Hyacinthe-Bagot-Acton, Simon-Pierre Savard-Tremblay, entend demeurer au même endroit, mais changer de parlement.

Il a annoncé vendredi qu’il démissionnera à la fin de la session parlementaire fédérale afin de se présenter à l’investiture péquiste dans la circonscription provinciale de Saint-Hyacinthe, confirmant ainsi l’information qui circulait depuis la veille.

M. Savard-Tremblay, qui siègera comme indépendant d’ici son départ, était accompagné des chefs de la formation qu’il quitte et de celle qu’il veut joindre, Yves-François Blanchet et Paul St-Pierre Plamondon. Ceux-ci, lorsqu’interrogés sur les tensions passées entre leurs partis respectifs, se sont même fait un câlin pour signifier leur bonne entente, au grand plaisir des militants et des caméras sur place. «On est dans le même combat, ç’a toujours été simple. Il y a eu de l'arrimage sur les positions parce que, comme l'expliquait Yves-François à l'époque, ce sont des patinoires différentes. Donc les considérations ne sont pas toujours les mêmes. Mais là, on ne peut pas traiter aujourd'hui comme un fait nouveau, l'arrimage en question, il fonctionne», a affirmé le chef péquiste après qu’Yves-François Blanchet lui eut promis tout le soutien du Bloc pour l’élection provinciale à venir.

Fier Wendat

Simon-Pierre Savard-Tremblay est membre de la Première Nation Wendat et s’en dit fier et il estime qu’il n’y aura aucune difficulté entourant la consultation des Premières Nations en vue d’un éventuel référendum sur la souveraineté. «Le mécanisme de consultation, il sera à déterminer par un gouvernement souverainiste qui voudra s'engager sur cette voie-là et qui va le faire. Ça va être à regarder. Je suis moi-même membre de la nation Wendat et je suis très content qu'hier, d'ailleurs, le grand chef de la nation Wendat ait salué ma candidature.»

Interrogé sur le fait qu’il abandonne ses électeurs à peine un an après avoir été élu, il a dit ne pas vouloir minimiser ce fait, tout en ajoutant que «si on attend éternellement, il n'y a jamais de moment idéal là-dedans. Il n'y a jamais de moment parfait et attendre plus aurait été éviter de sauter dans le train à un moment historique».

Il n’a aucune hésitation à démissionner à la fin de la session parce que, dit-il, «pas question que je passe l’été sur un salaire. Je vais y aller à mes frais.»

Le chef péquiste s’est réjoui de cette prise puisque cette candidature – qui reste à être confirmée par une assemblée d’investiture où une autre candidate l’affrontera – lui permet «d'aller chercher un parlementaire aguerri, qui a de l'expérience, mais qui apporte, au-delà de cette expérience-là, surtout une compréhension des enjeux, non seulement de sa circonscription, mais une compréhension du prix à ne pas décider par nous-mêmes. Et c'est ça qui est fascinant avec l'expérience du Bloc, c'est d'être confronté à un Parlement dans le cadre duquel on a seulement 20 % des sièges et, malheureusement, dans le cadre duquel la voix du Québec est souvent marginalisée.»

Expérience fédérale révélatrice

Simon-Pierre Savard-Tremblay ne s’est pas fait prier pour confirmer la chose. «Mon expérience à Ottawa m'a aussi appris ceci: malgré le travail sincère qui peut être fait, les intérêts du Québec demeurent trop souvent marchandés, secondaires dans les arbitrages du régime canadien», a-t-il dit.

Yves-François Blanchet, lui, s’est aussi beaucoup attardé sur le moment où des élections partielles devront être déclenchées au Québec à la suite des départs du néo-démocrate Alexandre Boulerice, du libéral Steven Guilbeault et maintenant du bloquiste Savard-Tremblay à l’approche d’une élection générale au Québec. «Je souhaite évidemment que l'élection partielle ait lieu le plus tôt possible. Maintenant, je comprendrais très bien qu'on ne souhaite personne d'avoir une élection partielle au Québec en même temps que les élections québécoises, ce qui ne pourrait qu'être source de confusion.»

«Je ne crois pas, au moins pour les élections partielles qui auront lieu au Québec, que M. (Mark) Carney veuille ou ait le manque de décence de créer une pareille confusion, a-t-il ajouté. Je les vois après l'élection à l'Assemblée nationale du Québec dans laquelle nous allons investir nos énergies à côté de celles du Parti québécois.»

Il se dit par ailleurs confiant de reprendre le siège de Saint-Hyacinthe-Bagot, «un secteur où l'écoute des Québécois à notre message est traditionnellement très, très fort. Je n'aborderai pas cette partielle avec des nuits blanches d'inquiétude.»

Surtout, a-t-il dit, depuis le rapprochement entre Ottawa et l’Alberta. «Je pense que M. Carney a gravement égratigné son vernis récemment par des gestes qui sont tellement contraires, notamment en termes d'énergie et de pétrole, à ce que sont les intérêts du Québec.»

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne