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Le lien entre le diabète et la stéatose hépatique se précise

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27 septembre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

MONTRÉAL — Des travaux menés à Montréal permettent de mieux comprendre le lien entre le diabète et la stéatose hépatique, notamment en ce qui concerne le rôle joué par l'inflammation.

Les chercheurs ont ainsi constaté, lors d'expériences menées en laboratoire, que des cellules hépatiques exposées au sucre et au gras commencent à produire des molécules inflammatoires.

En d'autres mots, a dit la chercheuse Jennifer Estall, «il semble y avoir un croisement entre ce qui cloche dans le diabète et une détérioration de l'inflammation dans le foie». Le foie des gens qui souffrent du diabète semble aussi être en plus mauvais état que celui des gens en santé, a-t-elle ajouté.

«On pense être en mesure d'expliquer ce lien entre le diabète et la stéatose hépatique, et pourquoi les gens qui ont le diabète ont souvent une stéatose hépatique», a précisé Mme Estall, qui travaille à l'Institut de recherches cliniques de Montréal.

On estime qu'entre 70 % et 80 % des diabétiques présentent aussi une stéatose hépatique, une maladie qui résulte de l’accumulation de graisses dans les cellules du foie.

La stéatose hépatique est fréquemment asymptomatique, au-delà d'un inconfort dans l’abdomen au niveau du foie, d'une fatigue et d'une sensation générale de malaise. La maladie est donc habituellement diagnostiquée assez tard.

Un diagnostic de stéatose hépatique double ou triple l'éventualité d'un diagnostic de diabète un peu plus tard, a précisé Mme Estall.

«Ces deux maladies sont étroitement liées et on a toujours pensé que l'inflammation pouvait être en cause, a-t-elle dit. Il semblerait que cette voie (inflammatoire) que nous avons trouvée puisse être assez importante pour ce lien.»

Cette voie inflammatoire, poursuit-elle, est connue et étudiée depuis un bon moment. Mais les chercheurs réalisent maintenant qu'elle s'exprime de deux manières différentes, la manière classique et la manière alternative, et les nouveaux travaux révèlent que l'expression alternative, qui est moins bien comprise, est celle qui est la plus active dans ce processus inflammatoire.

On pourrait donc envisager, un jour, d'agir sur cette expression alternative comme option thérapeutique face au diabète et à la stéatose hépatique, a dit Mme Estall.

«C'est important parce qu'on ne connaît pas la cause du diabète ou de la stéatose hépatique, a-t-elle expliqué. Nous avons des médicaments pour les soigner, on peut les prendre en charge, on peut améliorer la qualité de vie des patients, mais on ne comprend pas les causes, mais on pense qu'on s'en approche.»

Cette compréhension, a-t-elle dit, pourrait ouvrir la porte à une éventuelle prévention des deux maladies. On estime qu'environ 10 % de la population canadienne souffre de diabète de type 2, et 25 % de stéatose hépatique. Ce sont donc des millions de personnes qui sont touchées par ces maladies seulement au pays.

«On a constaté une corrélation très étroite entre cette voie inflammatoire et l'importance des dommages dans le foie, a dit Mme Estall. Donc, possiblement, une de ces molécules inflammatoires pourrait être un bon biomarqueur pour la stéatose hépatique (...) ce qui pourrait permettre de diagnostiquer les gens plus tôt, avant que la maladie endommage le foie.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical Diabetes.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne