«On va devoir vivre» avec les droits de douane, estime Christine Fréchette
MONTRÉAL — Les droits de douane américains ne sont pas près de disparaître, du moins à court terme, estime la première ministre du Québec, Christine Fréchette.
De passage devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), mardi après-midi, Mme Fréchette a présenté sa vision de la diplomatie québécoise.
Elle a retracé les rencontres et les voyages qu'elle a menés au chapitre des relations internationales et des échanges commerciaux depuis son arrivée à la tête du gouvernement, avant de répondre aux questions du directeur du journal «Le Devoir», Brian Myles.
Mme Fréchette a dit avoir l'impression qu'«on est encore loin» d'un monde sans taxes douanières, lorsque questionnée à savoir si elle croyait voir un jour une telle possibilité.
«L'administration américaine a changé son fusil d'épaule par rapport à cette question-là. (...) Je ne vois pas avec les États-Unis, un jour prochain, à brève échéance, où on pourrait retrouver un cadre sans tarifs. Le discours est à l'effet qu'on va devoir vivre avec ça. À quelle hauteur maintenant? C'est ça qui reste à négocier», a affirmé le cheffe de la Coalition avenir Québec.
Mme Fréchette a fait ces commentaires moins de 12 heures avant de savoir si le président américain, Donald Trump, mettrait à exécution sa menace d'imposer des droits de douane sur 28 milliards $ de produits canadiens juste après minuit.
La première ministre s'est dite préoccupée par l'entrée en vigueur de cette salve tarifaire, qui pourrait, selon elle, frapper plus durement le Québec que le reste du Canada.
Elle a assuré avoir un plan si jamais ces droits de douane devaient entrer en vigueur.
«On est prêts advenant qu'il y ait des tarifs qui nous soient imposés. Ce serait les plus importants à ce jour. On a des plans de soutien pour les entreprises. Le fédéral aussi en a», a déclaré Mme Fréchette.
Rappelons que le Québec est déjà touché par des droits de douane sectoriels provenant de Washington sur l'aluminium et l'acier ainsi que sur l'industrie du bois d'oeuvre.
Dans son allocution devant le CORIM, Mme Fréchette a rappelé avoir présenté récemment une nouvelle politique internationale pour le Québec.
Cette politique vient «approfondir» la doctrine Gérin-Lajoie, qui postule que le champ d'action international du Québec doit être le prolongement de ses compétences constitutionnelles internes, a-t-elle exposé.
«Dorénavant, sous un gouvernement Fréchette, le Québec va pouvoir s'affirmer partout dans le monde sur toute question qui touche l'intérêt de notre nation.
«Je pense notamment aux questions qui affectent la prospérité des Québécois, la protection de notre état, de notre territoire, ou la défense de notre langue, de notre culture. Pour y arriver, on va mener une diplomatie à la fois économique et une diplomatie d'influence», a expliqué Mme Fréchette.
Le commerce avec les États-Unis resterait «central» pour un prochain gouvernement caquiste sur le plan international, tout en travaillant sur la diversification des marchés, a-t-elle soutenu.
La première ministre était la dernière cheffe parmi les cinq principaux partis politiques à l'Assemblée nationale à répondre à l'invitation du CORIM, dans le cadre de la série «Québec 2026: Le monde dans l’urne» à l’approche des élections générales du 5 octobre.
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne

