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Poilievre se prépare à un examen de son leadership au rassemblement conservateur

durée 13h26
29 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Pour la troisième fois en moins d'un an, le sort politique de Pierre Poilievre sera entre les mains des électeurs ce vendredi — même si, cette fois-ci, c'est un petit groupe de partisans qui semble prêt à lui donner une nouvelle chance.

Après la défaite surprenante des conservateurs lors des élections d'avril, notamment à Carleton, où M. Poilievre a perdu le siège qu'il occupait au Parlement depuis 21 ans, les électeurs d'un comté rural de l'Alberta ont offert au chef conservateur une victoire décisive lors d'une élection partielle qui lui a permis de faire son retour à la Chambre des communes à l'automne dernier.

Les membres du Parti conservateur vont maintenant décider si leur chef doit rester aux commandes.

La dernière fois que le parti a procédé à l'examen de son leadership, c'était en 2005, lorsque Stephen Harper a obtenu le soutien de 84 % des délégués malgré sa défaite contre les libéraux aux élections de 2004. Il a ensuite dirigé le pays de 2006 à 2015.

Il serait étonnant que M. Poilievre soit démis. Seuls les délégués qui assistent en personne au congrès peuvent voter, et l'équipe de M. Poilievre s'efforce depuis des mois de les identifier et d'évaluer leur soutien.

Le député ontarien Jamil Jivani a affirmé que de nombreux conservateurs soutiennent fermement M. Poilievre, car il incarne un conservatisme plus moderne, qui inclut les jeunes électeurs, souvent issus de la classe ouvrière ou nouvellement arrivés au Canada.

«Il y a une sorte d'attachement à ce qu'il représente, et les gens veulent qu'il réussisse afin que la vision du parti continue de se développer. Les gens le considèrent comme un représentant intègre du mouvement conservateur», a-t-il expliqué.

David Coletto, fondateur et directeur d'Abacus Data, a publié ces dernières semaines plusieurs sondages visant à déterminer qui sont ces électeurs conservateurs et à mesurer l'écart qui les sépare du reste du pays.

Il dit chercher à répondre à une question fondamentale: comment se fait-il que M. Poilievre remporte facilement cette évaluation du leadership «alors que, dans le même temps, la plupart des gens à qui vous parlez ne comprennent pas comment on peut l'apprécier» ?

Le sondage de M. Coletto laisse entendre que de nombreux électeurs conservateurs souhaitent que le parti devienne encore plus conservateur, tandis qu'environ un tiers du groupe qu'il a défini comme les «électeurs accessibles» — les personnes susceptibles de voter conservateur à l'avenir — souhaiterait qu'il modère ses positions.

Cela représente un défi épineux pour le chef conservateur.

«Est-il possible de séduire à la fois ceux dont vous avez besoin en dehors du parti, tout en maintenant l'engouement au sein du parti ?», s'interroge M. Coletto.

Laura Stephenson, professeure de sciences politiques à l'Université Western et codirectrice du consortium sur la démocratie électorale, a affirmé que le discours prononcé par M. Poilievre devant les délégués vendredi soir avant le vote donnera le ton.

«Que pourrons-nous en tirer, quant à ses projets comme chef de l'opposition et de ce qu'il considère être la bonne façon pour le Parti conservateur de présenter une alternative viable aux libéraux au pouvoir?»

Le congrès est également l'occasion pour les délégués et les membres de la base de proposer des changements politiques. Des dizaines de propositions seront discutées à huis clos lors de séances en petits groupes, et certaines d'entre elles finiront par être présentées au congrès.

M. Poilievre n'est lié par aucune des propositions faites lors du congrès.

Sarah Ritchie, La Presse Canadienne