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Report d'examens et suspension des frais de scolarité face au conflit au Moyen-Orient

durée 06h00
5 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Partout au Canada, des universités offrent un soutien accru à certains étudiants internationaux, notamment le report d'examens et la suspension des frais de scolarité, alors que le conflit se poursuit au Moyen-Orient.

L'Université de Victoria a indiqué avoir contacté directement les étudiants ayant des liens avec l'Iran afin de leur offrir un soutien individualisé. Ce soutien comprend l'octroi de bourses d'études spéciales et la levée des suspensions d'inscription liées aux frais de scolarité impayés.

L'université a également précisé qu'elle offre une certaine flexibilité aux candidats qui éprouvent des difficultés à satisfaire aux exigences d'admission finales en raison du conflit.

L'Université Queen's a annoncé qu'elle accorde à certains étudiants des reports de paiement des frais de scolarité d'hiver sans pénalités de retard, l'accès à des bourses d'urgence et un accès élargi à des services de consultation et de soutien en santé mentale.

«Les étudiants touchés sont encouragés à communiquer avec l'université afin de faire face aux répercussions de cette situation difficile», a expliqué un porte-parole de l'université.

L’Université Carleton a expliqué qu’elle assouplissait les conditions offertes aux étudiants touchés concernant le dépôt de leurs dossiers d’admission et les reports d’examens, et qu’elle examinait certaines demandes d’allègement des frais de scolarité.

Un porte-parole de l’Université McGill a indiqué qu’un courriel concernant l’accès aux aménagements pédagogiques et aux ressources en santé mentale a été envoyé aux étudiants originaires d’Iran, de Bahreïn, d’Israël, d’Irak, de Jordanie, du Koweït, du Liban, d’Oman, de Palestine, du Qatar, d’Arabie saoudite, de Syrie et des Émirats arabes unis.

Les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran le 28 février. L’Associated Press rapporte que, jeudi, le bilan des victimes de la guerre s’élevait à plus de 1900 morts en Iran et à plus de 1300 au Liban.

Les données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada montrent que plus de 23 000 titulaires de permis d’études iraniens et environ 1800 Libanais se trouvaient au Canada au 31 décembre 2024.

Plusieurs associations étudiantes à travers le Canada organisent des collectes de fonds, des rassemblements pour Norouz, des discussions et des manifestations en réaction au conflit au Moyen-Orient.

Amir Moghadam est un étudiant international iranien et président de l'Association des étudiants diplômés de l'Université de Toronto. Il étudie au Canada depuis cinq ans et prépare un doctorat en génie biomédical à l'Université de Toronto.

Il a déclaré que les prolongations et les suspensions de frais de scolarité sont des «mesures positives» et qu'il est heureux de voir les universités les proposer.

Il a également affirmé que ces mesures devraient s'inscrire dans un «cadre systémique plus large» applicable à toute communauté étudiante internationale confrontée à une crise.

M. Moghadam a ajouté que les universités ont besoin de fonds d'urgence dédiés, de services de santé mentale adaptés aux étudiants internationaux et de politiques institutionnelles claires.

«Actuellement, les étudiants iraniens au Canada ne peuvent ni contacter leurs familles, ni leur transférer d'argent, et dans bien des cas, ils ignorent si leurs proches sont en sécurité, a-t-il dit. Cette situation est extrêmement préoccupante et exige bien plus qu'une simple flexibilité concernant les échéances.

«Ces situations continueront de se reproduire pour différentes communautés à différents moments, a-t-il ajouté. Les mesures de soutien devraient déjà être en place lorsque cela se produira.»

Amir Moghadam a indiqué que l'Association des étudiants diplômés de l'Université de Toronto collabore avec l'administration universitaire afin d'obtenir des mesures d'adaptation pour les étudiants touchés, notamment des reports de dates limites, des congés et un aménagement des exigences en matière de recherche.

Il a ajouté que l'association offre également un programme de bourses d'urgence pouvant atteindre 1000 $ pour les étudiants confrontés à des difficultés financières en raison de la crise.

«Étant moi-même un étudiant international iranien, je comprends parfaitement ce que cela signifie de se trouver à des milliers de kilomètres de chez soi pendant une crise, sans pouvoir s'assurer de la sécurité de sa famille et de ses proches, souvent parce que les pannes d'Internet et les perturbations des communications rendent même un simple appel téléphonique impossible», a constaté M. Moghadam.

Catherine Morrison, La Presse Canadienne