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Une Première Nation de la C.-B. fait pression sur un organe des Nations Unies

durée 23h30
13 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VICTORIA — Des délégués d'une Première Nation de la côte de la Colombie-Britannique vont faire pression sur un organisme maritime international dont le siège se trouve au Royaume-Uni afin de modifier la formule d'indemnisation en cas de marée noire.

La cheffe Marilyn Slett, élue à la tête de la Première Nation Heiltsuk, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, se rendra mardi à Londres pour s'adresser à l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence spécialisée des Nations unies.

L'OMI établit des normes mondiales en matière de sécurité, de sûreté et de performance environnementale du transport maritime international, et Mme Slett indique qu'elle demandera au comité juridique de l'organisation d'inclure les pertes culturelles autochtones.

Mme Slett évoque plus particulièrement les événements survenus il y a presque exactement dix ans, lorsque le remorqueur Nathan E. Stewart, qui tractait une barge-citerne, s'est échoué à environ dix milles marins à l'ouest de Bella Bella, en Colombie-Britannique.

La coque du remorqueur a fini par se briser, déversant environ 110 000 litres de gazole dans l'environnement. Le remorqueur a fini par couler, mais les équipages ont réussi à récupérer la barge.

Mme Slett affirme que le déversement a entraîné la perte d’un lieu de transmission du savoir et d’une grande valeur culturelle, et que cet incident a montré que les lois maritimes relatives aux déversements d’hydrocarbures avaient été élaborées sans les peuples autochtones et sans mécanisme permettant de les indemniser pour leurs pertes culturelles.

«Cela touche donc véritablement le tissu même de notre mode de vie, a-t-elle dit. Nous sommes profondément liés à notre territoire. Notre culture prend vie sur nos terres et dans nos eaux, et ce déversement nous a privés de cela; rien ne sera plus jamais pareil.»

Mme Slett, qui sera au Royaume-Uni du 13 au 17 avril, s’entretiendra également avec le haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni, l’ancien ministre libéral fédéral Bill Blair, afin de donner suite aux discussions avec le prédécesseur de M. Blair, Ralph Goodale.

Elle précise que les délégués mettront en avant le statut du Canada en tant que signataire de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, ainsi que sa présence au sein du comité juridique, pour justifier le soutien apporté à leur cause.

Le comité juridique de l'OMI compte des représentants des 176 États membres à part entière de l'organisation, dont le Canada.

Définir les pertes culturelles autochtones n’est toutefois pas simple.

«C'est une question très importante, et très vaste, car elle concerne en réalité notre bien-être en tant que personnes», explique Mme Slett, ajoutant qu'elle n'a reçu aucune information concrète de la part du Canada et que le processus lui-même pourrait prendre beaucoup de temps compte tenu des complexités mondiales.

«Ce sera un long processus, mais nous sommes également déterminés à faire en sorte que nos voix soient entendues», dit-elle.

Les dommages causés par le déversement de la barge pourraient encore se poursuivre.

La Première Nation Heiltsuk indique dans un communiqué qu’elle attend toujours que les travaux de compensation et de restauration liés au déversement commencent, les coûts de remise en état étant estimés à plus de 23 millions $.

Le communiqué souligne en particulier ce qu’il qualifie d’«explosion récente» de la population de crabes verts européens envahissants. Ceux-ci «menacent désormais de détruire la pêche aux palourdes», précise-t-il.

Wolfgang Depner, La Presse Canadienne