Un achalandage similaire à 2019
«Un très bel été» en hôtellerie dans toutes les régions du Québec
Alors que les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration ont été durement touchés au plus fort de la crise sanitaire, le milieu souffle enfin un peu après avoir connu «un très bel été», selon la présidente-directrice générale (PDG) de l'Association Hôtellerie Québec (AHQ), Véronyque Tremblay.
La saison estivale a été «au-delà» de ses attentes. Elle évalue que l'achalandage a été similaire à celui de 2019, avant que la pandémie ne paralyse une panoplie de secteurs économiques.
L'été dernier avait été particulièrement positif pour le tourisme dans des régions comme la Gaspésie ou la Côte-Nord, des milieux de villégiatures qui étaient recherchés par les Québécois.
Cette année, à Montréal, à Québec et en Outaouais, on ressent que les touristes sont revenus, explique la PDG de l'AHQ, tout en spécifiant que la saison estivale a été bénéfique pour toutes les régions de la province. «On ne pensait pas que le retour des touristes se ferait aussi rapidement», commente Mme Tremblay.
Bien que cela soit une bonne nouvelle, le manque de personnel cause des maux de tête à bien des gestionnaires. «La demande est là, le problème c'est vraiment la pénurie qui nous frappe encore plus que les autres secteurs», affirme Véronyque Tremblay.
La PDG alerte aussi qu'il y a de l'épuisement au travail, notamment chez les dirigeants. Elle affirme qu'elle «a des hôteliers» qui travaillent présentement 90 heures par semaine. Ils font des quarts de travail de nuit, ou encore l'entretien dans les chambres d'hôtel pour pallier le manque de personnel.
Des entreprises refusent des contrats et parfois même doivent fermer en raison du manque de travailleurs, se désole Mme Tremblay. «C'est un frein au développement économique du Québec», lance-t-elle.
Certaines solutions ont été mises en place, par exemple, remplacer les serviettes de douche uniquement sur demande ou réduire les heures d'ouverture des restaurants.
«Le souhait pour le Québec c'est d'offrir le meilleur aux touristes (...) faire vivre une expérience incroyable, mais en ce moment c'est difficile avec le manque de travailleurs», mentionne Mme Tremblay.
Dans le contexte de la campagne électorale, elle compte se faire entendre par les leaders des partis politiques. Elle souhaite entre autres que les chefs «prennent position» sur le manque de main-d'œuvre et le recrutement à international.
«Il y a des éléments de l'immigration qui sont dans la cour du provincial», indique la présidente de l'AHQ. Elle souligne que les procédures pour engager des travailleurs à l'étranger sont trop longues de sorte que certains demandeurs laissent tomber.
«On demande aussi la levée des études d'impacts sur le marché du travail, qui (sont) totalement inutiles, dit-elle. On sait qu'on n’a pas personne pour faire le travail. On tente de recruter désespérément.»
Selon Mme Tremblay , l'industrie de la restauration et de l'hôtellerie «n'a pas le choix» de recruter à l'étranger faute de personnel. Elle souligne que la population québécoise est vieillissante. En ce sens, l'AHQ demande au gouvernement de donner plus d'incitatifs pour les travailleurs de 55 ans et plus afin de les maintenir à l'emploi.
Katrine Desautels et Martin Leblanc, La Presse Canadienne
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Difficile de retenir les jeunes infirmières au sein de la profession
La rétention des jeunes infirmières au pays demeure difficile, même si la situation s'améliore dans certaines provinces. Pour 100 infirmières de moins de 35 ans qui se sont inscrites pour exercer la profession au Canada, 34 n’ont pas renouvelé leur inscription, révèle une note de l'Institut économique de Montréal (IEDM) publiée jeudi. ...
LIRE LA SUITE
Les mesures économiques du Canada exercent une pression sur la main-d’œuvre
Deux députés libéraux chargés de soutenir les programmes d’Ottawa en matière d’emploi et d’industrie affirment que le plan du Canada visant à accélérer la mise en œuvre de grands projets exerce une pression croissante sur une main-d’œuvre qui peine déjà à répondre à la demande. Leslie Church, secrétaire parlementaire de la ...
LIRE LA SUITE
Français: les entreprises de compétence fédérale débourseraient 81,9 millions $
La loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP) devrait coûter aux entreprises 81,9 millions $ sur cinq ans, soit beaucoup moins que ce qui était prévu au départ. Le bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB) a déposé mardi des estimations actualisées des coûts d’une loi ...
LIRE LA SUITE
