Le salaire minimum au Québec passera à 16,60 $ l'heure vendredi
C'est vendredi qu'entrera en vigueur la hausse du salaire minimum au Québec; il passera alors de 16,10 $ à 16,60 $ l'heure.
Lorsqu'il avait annoncé cette hausse de 3,1 %, à la fin du mois de janvier, le ministre du Travail, Jean Boulet, avait indiqué que 258 900 personnes en bénéficieraient.
Par la même occasion, le salaire à pourboire passera alors de 12,90 $ à 13,30 $ l'heure. Il s'agit là aussi d'une hausse de 3,1 %.
«Dans le contexte économique actuel, il est important que le salaire minimum évolue de manière équilibrée. Cette hausse protège le pouvoir d'achat des travailleuses et des travailleurs, et ce, tout en permettant à nos entreprises de demeurer compétitives. Elle va aussi contribuer à inciter des personnes sans emploi à intégrer le marché du travail», avait alors affirmé le ministre Boulet.
La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) rappelle qu'un travailleur ne peut pas recevoir un salaire moindre que le taux en vigueur et que «l'employeur doit lui verser un salaire égal ou supérieur au salaire minimum, même s'il a certains avantages, comme une voiture ou un logement fourni par son employeur».
Réactions
Pour le Fonds de défense des non-syndiqués, cette hausse est «dérisoire, alors que les prix de l'essence, de l'épicerie et des loyers poursuivent leur flamboyante ascension».
«Le nouveau salaire minimum permettra d'atteindre un revenu disponible de seulement 27 647 $», déplore l'organisation.
Des organisations syndicales et organismes communautaires soutiennent qu'il faudrait un salaire minimum de 20 $ l'heure pour vivre dignement.
De son côté, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) assure que les PME ne s'opposent pas à la hausse du salaire minimum.
«C'est important d'avoir une hausse qui est raisonnable. Et, de la façon dont le gouvernement calcule ça et fait ses consultations, et l'annonce en avance, ça donne une certaine prévisibilité aux petites et moyennes entreprises», affirme d'abord François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.
Si le gouvernement voulait vraiment aider les PME, dit-il, il les aiderait à faire face à la croissance des coûts, notamment en réduisant leur fardeau fiscal.
La FCEI a calculé qu'à elle seule, cette hausse du salaire minimum représente 1197 $ par année, incluant 157 $ en taxes sur la masse salariale.
«La majorité, soit trois sur cinq, ce sont des personnes de moins de 25 ans, qui travaillent à temps partiel. Donc, ce sont des personnes qui étudient, en gros, et qui, souvent, restent chez maman, papa», ajoute-t-il.
«Maintenant, la meilleure façon de lutter contre la pauvreté, c'est d'aider spécifiquement les personnes qui sont dans le besoin», conclut M. Vincent.
Lia Lévesque, La Presse Canadienne
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