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Écoute bien ça!

Connaissez-vous le seul vrai classique du jour de l’an?

durée 08h00
1 janvier 2022

Chronique culturelle qui a pour seul et unique but de mettre de la couleur dans votre routine. « Écoute bien ça » s’est-ce, qu’on dit à un ami quand on vient d’apprendre quelque chose qu’on doit lui raconter au plus vite. C’est quand la discussion devient moins formelle et qu’on laisse parler la passion. 

Discussions du jour de l’an

Invité : « Salut Hubert, j’ai lu ton article sur Vive le vent et je me demandais : est-ce qu’il y a de vrais classiques internationaux pour la musique du jour de l’an? »

Hubert : « Non, il n’y a pas vraiment de classique qu’on chante partout à travers le monde… en fait c’est faux! il y en a au moins un : Auld Lang Syne, et c’est une des plus belles mélodies du monde. »

Invité : « Auld Lang Syne ? Je ne sais pas si c’est un classique, mais j’ai jamais entendu parler de ça. »

Hubert : «  Oui oui, vous l’avez même probablement déjà chanté. C’est un chant traditionnel écossais que nous connaissons ici sous le nom de Ce n’est qu’un au revoir. »

** Trame sonore de l’article : Pink Martini – Auld Lang Syne

Invité : « Ah oui! C’est ben trop vrai! C’est quoi l’histoire de cette chanson-là? »

Hubert : « Comme pour plusieurs grandes chansons, son origine se perd un peu dans la nuit des temps. Ce que l’on sait, c’est qu’en anglais standard « Auld » veut dire «old », « lang » veut dire « long » et « syne » veut « since ». Littéralement le titre voudrait dire à peu près « Depuis longtemps.

La première version publiée de cette ballade a été écrite par Robert Burns en 1788, mais l’origine de la pièce remonte à plus loin. Burns avait ajouté des vers à des fragments d’un poème écossais dont l’auteur est inconnu et oublié. Il disait qu’un vieil homme lui avait chanté cette chanson qu’il avait trouvé remarquable, mais elle n’avait jamais été manuscrite.

Les paroles parlent des vieux amis qu’on oublie, de l’amour brulant qui s’éteint et du temps qui use la passion de la jeunesse. Peu de gens connaissent les paroles complètes, mais elles sont particulièrement touchantes. C’est fascinant de voir la puissance d’un texte nostalgique écrit il y a plus de 300 ans et qui n’a pas vieilli. Le pouvoir de l’art est de communiquer l’émotion et Ce n’est qu’un au revoir parle autant à un jeune québécois de 16 ans qu’un marin d’Hambourg de 64 ans.

Après la première publication de Burns en 1788, la chanson devient une tradition du Nouvel An écossais et va s’étendre dans l’ensemble du plus grand empire de l’histoire, celui des Britanniques. »

Invité : « Mais ici, on ne chante pas vraiment ça au jour de l’an. Pourquoi est-ce qu’on la connait si bien ? »

Hubert : « L’histoire ne s’arrête pas là. Le compositeur Haydn en a fait des arrangements en 1792, Beethoven va en écrire d’autres en 1812 et même qu’en 1860, une nouvelle version devient très populaire à travers les chorales de Boston aux États-Unis (presque en même temps que Vive le vent).

C’est peut-être la chanson traditionnelle la plus importante de l’histoire. Depuis plus d’un siècle, on chante Ce n’est qu’un au revoir lors des rassemblements scouts et c’est également le « Chants des adieux » chez les francs-maçons. La chanson a eu  un impact majeur dans la culture japonaise. Tous les Japonais la connaissent sous le nom de Lueur d’une luciole et elle est chantée lors des remises des diplômes. La mélodie a même servi d’hymne national en Corée jusqu’en 1937! »

Invité : « Oui, bon, je le savais qu’en te posant une question, tu allais t’emballer! J’en ai une dernière pour toi ; c’est quoi la meilleure version de Auld Lang Syne? »

Hubert : « En 2012, le groupe américain Pink Martini en a fait une version vraiment pop-jazzy, mais pour moi, l’endroit où la chanson brille le plus est dans le film La Ruée Vers l’Or de Charlie Chaplin. Musicalement, cette version n’a rien de spécial et même que l’enregistrement n’est pas fameux, mais Chaplin est le maître de l’émotion et la nostalgie qui se dégage de la scène de célébration dans un « saloon » du Yukon est une pure merveille. On y voit tout : l’amour, la solitude la fête, la compassion et les regrets. L’art, c’est l’émotion. »

Invité : « Merci Hubert! Passe une belle année et ne pense pas trop aux regrets »

Hubert : « Bonne année tout le monde! »

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