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Budget fédéral de jeudi

Le Conseil canadien des affaires presse Ottawa d'atteindre la cible de 2 % de l'OTAN

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6 avril 2022
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4 minutes

Par La Presse Canadienne

L’un des groupes de pression les plus influents du Canada adresse au gouvernement fédéral la demande, inhabituelle, d’augmenter les dépenses militaires dans le budget de jeudi, en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Le Conseil canadien des affaires affirme qu’il est temps que le Canada s’engage à atteindre l’objectif de l’OTAN en matière de dépenses militaires, soit 2 % du produit intérieur brut (PIB).

Le Canada consacre actuellement moins de 1,4 % de son PIB à la défense. Les États−Unis et d’autres alliés de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) font pression depuis des années sur le Canada pour qu’il atteigne l’objectif convenu de 2 %.

Dans une lettre du 15 mars adressée à la ministre des Finances, Chrystia Freeland, le Conseil canadien des affaires soutient que l’invasion russe en Ukraine oblige le monde à se concentrer davantage, maintenant, sur la défense et la sécurité.

Traditionnellement, au cours des cycles budgétaires précédents, l’organisme, anciennement connu sous le nom de Conseil canadien des chefs d’entreprise, n’a jamais milité vraiment en faveur de dépenses militaires accrues.

Le président, Goldy Hyder, explique qu’il est important que le budget fédéral de jeudi signale un engagement clair envers l’OTAN et adopte un plan économique mondial plus vaste pour montrer comment le Canada peut faire face au paysage international instable engendré par l’invasion russe de l’Ukraine.

«La guerre a fait ressortir la question de savoir ce que fait le Canada. Et là−dessus, nous avons du rattrapage à faire, a déclaré M. Hyder en entrevue. Particulièrement dans le budget, je pense que ce sera important qu’il y ait un engagement ferme envers l’OTAN, et pas seulement des orientations.»

La lettre fait référence à deux nouveaux engagements de dépenses militaires majeurs, de la part de la Norvège et de l’Allemagne, pour atteindre l’objectif de 2 % de l’OTAN.

L’engagement de l’Allemagne est particulièrement important parce que le pays a maintenu pendant des décennies une posture militaire moins musclée, née de son passé pendant la Deuxième Guerre mondiale. Berlin a même modifié sa politique étrangère pour fournir des armes aux combattants ukrainiens.

Certains ministres du cabinet libéral ont publiquement reconnu l’importance du virage allemand et ont laissé entendre que cela pourrait ouvrir la voie à davantage de dépenses militaires de la part du Canada.

Mme Freeland était à Berlin le mois dernier pour rencontrer des responsables au sujet de leurs nouveaux engagements en matière de dépenses militaires. La ministre a déclaré au cours de ce voyage qu’elle souhaitait avoir des «conversations de première main» sur ce changement de cap. «Et certainement, les dépenses militaires sont quelque chose que nous devons examiner attentivement.»

L’entente avec le NPD
L’opposition conservatrice a réitéré mardi son appel à une augmentation des dépenses militaires. «Avec l’escalade de la guerre en Ukraine et les menaces à notre sécurité nationale dans le monde, les conservateurs veulent voir un budget qui garantira que le Canada rétablit sa position de partenaire de confiance en matière de sécurité mondiale et de membre fiable de l’OTAN», ont indiqué la porte−parole en matière de défense, Kerry−Lynne Findlay, et le porte−parole en matière d’approvisionnement, Pierre Paul−Hus.

Le chef néo−démocrate, Jagmeet Singh, a réitéré mardi son point de vue selon lequel l’objectif de 2 % était «arbitraire», mais il admet que l’armée canadienne a besoin d’investissements supplémentaires compte tenu de ce qui se passe en Ukraine.

Les libéraux ont conclu une entente le mois dernier pour obtenir le soutien du NPD sur des votes de confiance aux Communes, comme le budget, en échange de dépenses pour certaines priorités sociales néo−démocrates. Or, M. Hyder espère que cette entente ne fera pas dérailler les investissements nécessaires en matière de défense.

Selon lui, le gouvernement libéral semblait être sur la bonne voie, après les dernières élections fédérales, pour présenter un budget axé sur la reprise post−pandémique, et puis «boum, la guerre éclate», déclenchant des inquiétudes généralisées concernant l’approvisionnement énergétique, la sécurité alimentaire et la défense.

«Aujourd’hui, nous avons un nouveau gouvernement — ou, au moins, une nouvelle formation de gouvernement. Je ne sais pas quelle influence ça aura sur le budget, car (cette entente) prend les allures d’un programme de dépenses», a estimé M. Hyder.

Selon lui, le Canada et ses alliés doivent maintenant faire face au fait que la Russie est une puissance nucléaire dirigée par un président imprévisible et potentiellement instable, en la personne de Vladimir Poutine. «L’option nucléaire, c’est ce que tout le monde craint. Cet homme est fou», a−t−il déclaré.

«Nous avons besoin d’une stratégie intégrée ambitieuse, à long terme, qui comprend notre programme de politique étrangère, notre programme commercial, notre programme de ressources naturelles, notre programme de ressources humaines, notre programme de relations avec les États−Unis. Ce ne sont pas des éléments ponctuels.»

Mike Blanchfield, La Presse Canadienne

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