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Gouvernement du Québec

Maltraitance des aînés: 50 M$ pour le nouveau plan d'action

durée 06h29
13 juin 2022
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne

Le gouvernement du Québec octroie 50 millions $ au nouveau plan d’action quinquennal pour lutter contre la maltraitance des aînés.

En conférence de presse à Montréal, dimanche, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a souligné que le Plan d’action pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022−2027 «s’inscrit dans la continuité», puisqu’il s’agit du troisième plan d’action en la matière depuis 2010.

Le Plan d’action contient 56 mesures, visant non seulement la sensibilisation, mais aussi les outils pour mieux reconnaître la maltraitance des aînés, sévir et lutter contre celle−ci, notamment avec la création d’un poste de procureur dédié à ce qui entoure la maltraitance des aînés auprès du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

«Nous aurons un procureur, financé à même le plan d’action pour coordonner l’ensemble des dossiers en matière de maltraitance envers les personnes aînées. Cela favorisera le partage de l’information et de l’expertise à travers notre réseau», a précisé Anny Bernier, procureure en chef au Bureau du directeur du DPCP, également présente lors de l’annonce.  

Elle a souligné que ce procureur désigné du DPCP tiendra compte des réalités différentes de chaque région, ce qui permettra aussi de mieux conseiller les policiers et leurs partenaires.  

Deux autres mesures du Plan d’action pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées impliquent aussi le DPCP. D’une part, il s’agit du développement d’une formation pour les procureurs sur la maltraitance physique et la négligence criminelle envers les personnes aînées. D’autre part, le DPCP participera au déploiement du Processus d’intervention concerté (PIC) qui permet une meilleure concertation entre les partenaires impliqués. 

«Sur le plan législatif, le Processus d’intervention concerté va faire en sorte que dès qu’il y aura une dénonciation et que certains critères sont remplis, les partenaires vont créer une cellule de crise qui va permettre de prendre en charge le dossier et de s’assurer de sortir la personne aînée de cette situation de maltraitance, de lui offrir de l’hébergement si c’est requis», a souligné Me Bernier en prenant l’exemple si la personne qui commet l’infraction est un proche aidant.  

«L’objectif est de réagir rapidement pour faire cesser la maltraitance», a−t−elle affirmé.

La ministre Blais a également souligné que le nouveau plan mise surtout sur la dissuasion, répétant à plusieurs reprises l’importance de faire la promotion de la bientraitance dans les milieux de vie où se trouvent les personnes âgées, que ce soit dans les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), les ressources intermédiaires (RI), les résidence privée pour aînés (RPA) ou à la maison, sans laisser tomber pour autant les sanctions à appliquer lorsque c’est le cas.

«S’il y a de la maltraitance organisationnelle en CHSDL, il va falloir dénoncer», a martelé la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, tout en soulignant que la solution ne passe pas uniquement par la répression.  

«Ce n’est pas toujours voulu la maltraitance. Des fois, il y a des personnes qui sont fatiguées ou qui ont des problèmes dans leur vie, alors il faut aider ces personnes à se sortir de leurs problèmes. Il ne faut pas toujours punir et taper sur les doigts, mais en même temps on doit se dire que la maltraitance envers nos personnes les plus vulnérables est inacceptable», a affirmé Mme Blais.

Le document prévoit donc la mise en place d’un soutien de proximité à l’intention du personnel des CHSLD afin qu’il puisse repérer et à rapporter des situations de maltraitance de personnes hébergées. Il prévoit aussi l’instauration d’un centre d’aide, d’évaluation et de référence concernant la maltraitance et du soutien pour réaliser des projets permettant de créer des environnements favorables à la bientraitance.

La ministre a aussi profité de l’occasion pour souligner le travail remarquable en la matière de la chercheuse Marie Beaulieu, professeure titulaire rattachée à l’Université de Sherbrooke et au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSS−Estrie−CHUS, à qui elle a remis un certificat de reconnaissance de l’Assemblée nationale. 

«Ses recherches sur la lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées ont contribué à soutenir les actions du gouvernement dans nos différents plans d’action politique et lois (...) Marie Beaulieu a travaillé à mettre en lumière les questions de maltraitance, trop longtemps considérées comme relevant de la sphère privée. La remise de ce certificat me permet de vous remercier pour votre contribution à l’avancement de l’état des connaissances sur cet enjeu fondamental», a conclu la ministre.

Enfin, Marguerite Blais s’est dite très heureuse d’avoir pu procéder à cette annonce, sur un sujet qui lui est aussi cher, alors qu’elle tournera sous peu la page sur sa carrière politique, ayant choisi de ne pas solliciter un nouveau mandat aux élections du 3 octobre prochain.

Helen Moka, La Presse Canadienne

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