Simon Dubé, représentant national de l’APTS pour le Bas-Saint-Laurent, dénonce
Lettre d'opinion: Des laboratoires de proximité pour faire face à une deuxième vague
En laboratoire à Rivière-du-Loup.
Après trois mois de lutte contre un ennemi invisible, force est de constater que les failles dans l’organisation des laboratoires du réseau de la santé et des services sociaux montrent de plus en plus les limites de ces derniers. Nous avons réussi à passer au travers de la première vague, mais il est urgent d’en tirer des leçons pour ne pas être emporté·e·s par la seconde!
Cela fait près de 10 ans que nous dénonçons la centralisation des laboratoires, l’éloignement des équipements de tests et la réorganisation du réseau qui créent un exode des professionnel·le·s et des technicien·ne·s de notre région en déplaçant des postes dans les grands centres.
La crise sanitaire que nous traversons a forcé de nouvelles façons de procéder dans les laboratoires, mieux adaptées pour répondre aux besoins de la population. « Chassez le naturel, il revient au galop », dit l’adage. Avant de relancer de plus belle la centralisation, peut-on tirer des leçons des derniers mois?
La pandémie nous aura appris que la réduction du temps de réponse est névralgique. L'analyse des tests de dépistage de la COVID-19 était d’abord effectuée à Winnipeg, puis dans les laboratoires de santé publique pour finalement multiplier les points de services en mettant à contribution des laboratoires de plus en plus près des gens en ayant besoin.
Centralisation des laboratoires sans ajout de postes
Les effets d’OPTILAB se sont faits ressentir lourdement dans le Bas-Saint-Laurent ces derniers mois. Déjà surchargé de travail, le personnel doit procéder aux analyses des tests de la COVID-19 de notre région en plus de ceux de la Gaspésie. Les analyses y ont été rapatriées avec la centralisation des laboratoires sans que des postes aient été ajoutés en conséquence.
Et pour couronner le tout, il a été décidé de libérer le laboratoire de Lévis en transférant l’analyse des échantillons de gonorrhée et de chlamydia à celui de Rivière-du-Loup, qui croulait pourtant déjà sous un volume de travail insoutenable.
Depuis le début de la crise, le gouvernement encourage les Québécois·es à circuler, acheter et manger localement. Le coronavirus a mis au jour l’importance des services de proximité pour l’économie et la santé publique, mais aussi l’environnement.
Comment penser qu’on oubliera si rapidement ces grandes leçons? Alors que la première vague semble être derrière nous, nous appelons nos personnes élues municipales, préfètes de MRC et députées à faire valoir au ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Christian Dubé,
l’urgence de mettre un frein à la démarche OPTILAB. Consultons plutôt les travailleuses et travailleurs des laboratoires pour trouver des solutions, décentraliser les laboratoires et assurer des services de qualité à la population.
Simon Dubé, représentant national de l’APTS pour le Bas-Saint-Laurent
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