La Presse Canadienne
Le «convoi de la liberté» à Ottawa est choisi «Nouvelle de l'année au Canada»
La manifestation du «convoi de la liberté» contre les restrictions sanitaires liées à la COVID−19, qui a paralysé le centre−ville d’Ottawa pendant plusieurs semaines l’hiver dernier, a été choisie «nouvelle de l’année» par les clients de La Presse Canadienne.
La manifestation a été de loin le premier choix lors d’un vote des directions de l’information de tout le pays.
Par contre, dans les médias francophones, le «convoi» n’a été choisi que par un seul média. C’est plutôt le scandale à Hockey Canada qui a obtenu le plus de voix en français.
Après deux ans de confinement pour limiter la propagation de la COVID−19, le gouvernement fédéral, à la fin de 2021, a obligé les camionneurs transfrontaliers à se faire vacciner.
Cette décision a déclenché une cascade de mécontentement après les Fêtes l’hiver dernier. Des milliers de personnes de partout au pays ont convergé vers la capitale nationale ainsi que vers des passages frontaliers et des assemblées législatives provinciales, notamment à Québec.
Les conséquences sociales et économiques de ces manifestations ont finalement amené le gouvernement libéral à prendre la décision historique d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence — pour la première fois depuis sa mise en oeuvre en 1988.
Un événement «polarisant»
«Ça a été tellement polarisant», a déclaré S.R. Slobodian, rédactrice en chef du Globe and Mail à Toronto. Elle a qualifié la manifestation de «microcosme de toutes les tensions et frustrations de ceux qui voyaient dans certaines mesures pandémiques le bien commun, alors que d’autres y voyaient des entraves».
La manifestation a mis en lumière de façon très crue les frustrations liées aux restrictions sanitaires qui avaient percolé depuis les élections fédérales de 2021, lorsque le premier ministre Justin Trudeau a annoncé qu’il rendrait obligatoire le «passeport vaccinal» pour les voyages nationaux et internationaux, mais aussi pour les employés du gouvernement et des sociétés de la Couronne.
«Après deux ans à vivre en pleine pandémie et sous ses règles, les Canadiens en avaient marre, a estimé Dawn Walton, rédactrice en chef à CTV Calgary. «Les manifestations du ’convoi de la liberté’ ont capitalisé sur ce sentiment, attirant une vague de soutien sans précédent.»
Ces manifestations ont également mis en lumière des problèmes avec les services de police et la façon dont les différents ordres de gouvernement travaillent ensemble, a estimé de son côté Carson Jerema, rédacteur en chef au National Post.
David Hughes, directeur de CTV pour le numérique et pour l’émission d’affaires publiques W5, a décrit la manifestation comme un «changement fondamental» dans la manière dont la contestation politique est menée au Canada. Il y voit «un message aux politiciens de tous bords que certains Canadiens sont maintenant prêts à adopter et à encourager des mesures qui auront des impacts économiques sur leurs concitoyens et la menace d’une violence potentielle pour forcer des changements politiques».
Pour Bernard Barbeau, rédacteur en chef de l’information numérique à Radio−Canada, à Montréal, le convoi «a été l’aboutissement d’un mouvement comme on n’en avait jamais vu au sein de la société canadienne, né sur les réseaux sociaux de la frustration d’une frange de la population qu’on ne peut plus ignorer.
«Et il a amené le gouvernement fédéral à adopter des mesures tout aussi inusitées», conclut M. Barbeau.
Le convoi a remporté la nouvelle de l’année, alors qu’il a été le choix de 41 % des 104 répondants au Canada. La pression exercée sur le système de santé public est arrivée deuxième, à 20 %, mais n’a obtenu aucun vote du côté des médias francophones.
Après le scandale à Hockey Canada, les directions de l’information des médias francophones ont choisi plutôt la réponse du Canada à l’invasion russe en Ukraine et la crise inflationniste à égalité.
Au Droit d’Ottawa/Gatineau, la rédactrice en chef, Marie−Claude Lortie, a choisi le scandale à Hockey Canada plutôt que le «convoi de la liberté» qui a paralysé la capitale. «C’est la nouvelle qui a le plus ébranlé les colonnes du temple au Canada. C’est notre affaire Weinstein canadienne», écrit−elle.
«Un univers vénéré, le hockey, dont on réalise qu’il est tout pourri par l’intérieur. Bien des femmes le savaient déjà. Maintenant, c’est au grand jour.»
À l’Acadie Nouvelle, on a retenu la tempête Fiona et les conditions météorologiques extrêmes, qui ont durement frappé les provinces de l’Atlantique.
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