Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Infections bactériennes transmissibles sexuellement

Un antibiotique comme «pilule du lendemain» pour prévenir certaines ITS?

durée 12h00
14 mars 2023
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
email
Par La Presse Canadienne

La prise d'un antibiotique connu de longue date dans les heures qui suivent une relation sexuelle non protégée pourrait aider à freiner la propagation de certaines infections bactériennes transmissibles sexuellement (ITS), démontrent de nouvelles études.

La doxycycline est aujourd'hui utilisée pour soigner des problèmes de santé comme l'acné. Mais il y a cinquante ans, elle était prescrite aux marins américains qui débarquaient dans un port en prévision des rencontres qu'ils y feraient.

La pratique a été abandonnée au profit de la promotion du port du condom quand les ITS ont commencé à décliner et que le sida est apparu.

«Le problème avec l'idée de porter un condom, c'est que les gens ne le portent pas, a dit le docteur Jean-Pierre Routy, le directeur clinique du Service des maladies virales chroniques au CUSM. Donc, c'est comme accepter que certaines stratégies ne marchent pas, malgré des années d'information et d'éducation.»

De nouvelles recherches montrent maintenant qu'une seule dose de doxycycline prise dans les 72 heures qui suivent une relation sexuelle non protégée peut réduire le risque d'ITS jusqu'à 80 % dans certains cas.

La stratégie semble particulièrement efficace contre la chlamydia et la syphilis, et un peu moins contre la gonorrhée. Elle s'est révélée efficace parmi les femmes trans et parmi les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes, mais aucun bienfait n'a été constaté chez les femmes cisgenres.

Certaines ITS, comme la chlamydia, sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques, mais la doxycycline ne semble pas pour le moment contribuer au problème. Le médicament ne semble pas non plus interférer avec la flore intestinale des patients.

On constate depuis quelques années une recrudescence des cas d'ITS, a dit le docteur Routy, particulièrement au sein d'un sous-groupe de la population qui désire vivre sa sexualité sans la contrainte du condom.

«Ce qui est difficile pour nous, le personnel soignant, c'est que malgré toute l'éducation et toute la formation, ils viennent tous les deux ou trois mois, puis voilà vite, nettoie ça et hop, on recommence», a-t-il déploré. 

Malgré l'information sur le risque, sur la possibilité de résistance et sur la possibilité d'infecter d'autres personnes, poursuit-il, ce sous-groupe a une «revendication très émotive» de pouvoir vivre sa sexualité comme bon lui semble. «C'est comme ça que ça se passe aujourd'hui, qu'on le veuille ou non», a-t-il dit.

La présentation de la doxycycline comme une sorte de «pilule du lendemain» après une relation sexuelle non protégée risque bien évidemment de banaliser encore davantage la perception qu'ont déjà certains de problèmes comme la syphilis, la gonorrhée ou la chlamydia.

L'épisode récent de la variole du singe nous rappelle toutefois que circulent aussi des virus transmissibles sexuellement contre lesquels les antibiotiques ne peuvent rien, a rappelé le docteur Routy. On ne peut pas écarter la possibilité de voir de nouveaux virus commencer à se transmettre et provoquer une nouvelle épidémie.

«Donc, toujours on recommande l'utilisation du condom, même s'il est très peu utilisé et que les gens en ont marre», a dit le docteur Routy.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 20 mars 2026

Grève, manif et autres, le «Communautaire à boutte» à compter de lundi

À compter de lundi, des groupes communautaires de tout le Québec se feront voir et entendre, parfois par des journées de grève, parfois par des activités populaires ou des manifestations, dans le cadre du mouvement «Le Communautaire à boutte». Cette vague de mobilisation culminera par un rassemblement devant l'Assemblée nationale, à Québec, le 2 ...

Publié le 20 mars 2026

Québec a perdu plus de 50 000 immigrants temporaires depuis l'an dernier

Le nombre de résidents non permanents a diminué de 51 413 entre janvier 2025 et janvier 2026 au Québec, selon l’Institut de la statique du Québec (ISQ). C’est dans la catégorie des titulaires de permis de travail que la baisse est la plus significative. Ils sont passés de 231 732 à 194 629 entre 2025 et 2026. Il s’agit d’une baisse de 37 ...

Publié le 20 mars 2026

Une entente entre la FIQ et Québec clarifie l'inscription de patients par des IPS

Santé Québec doit conclure des ententes avec chaque groupe de médecine de famille (GMF) pour permettre aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) d'inscrire directement des patients à leur nom, ce qui était réservé aux médecins jusqu'à présent. Une entente a été conclue le 16 mars entre la FIQ et le ministère de la Santé pour clarifier et ...