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Centre universitaire de santé McGill

Le cannabis aurait un rôle complémentaire à jouer pour contrer la douleur du cancer

Le cannabis aurait un rôle complémentaire à jouer pour contrer la douleur du cancer
Photo: La Presse Canadienne, 2023
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Le cannabis médical a un rôle complémentaire à jouer pour combattre la douleur associée au cancer, conclut une étude réalisée par des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill.

Le recours au cannabis contribuerait aussi à réduire le nombre total de médicaments et d'opioïdes pris par les patients.

Après trois mois, l'équipe du docteur Antonio Vigano dit avoir constaté des «réductions cliniques et statistiquement significatives des scores de douleur chez les patients». Ces réductions ont persisté pendant un an, et les patients ont été en mesure de réduire progressivement leur recours à une médication contre la douleur.

Néanmoins, a précisé le docteur Vigano, «le cannabis n'est pas une alternative aux traitements contre la douleur, c'est un traitement complémentaire».

«Le cannabis a ses propres limitations, ses propres contre-indications, donc ce n'est pas miraculeux», a-t-il dit.

Les chercheurs ont recruté 358 adultes atteints de cancer pour leur étude. L'âge moyen des patients était de 57 ans, et environ la moitié d'entre eux étaient des hommes. Les diagnostics de cancer les plus courants étaient les cancers génito-urinaires et les cancers du sein, suivis des cancers de l'intestin, du poumon et du sang.

L'intensité de la douleur, les symptômes et le nombre total de médicaments pris ont notamment été analysés. La consommation quotidienne de morphine a été évaluée au moment de la première prescription de cannabis médical, puis trois, six, neuf et douze mois plus tard.

La sévérité globale de la douleur et le soulagement de la douleur, ainsi que l'interférence de la douleur dans la vie quotidienne au cours des 24 heures précédentes, ont également été pris en compte.

Des diminutions statistiquement significatives ont été observées après trois, six et neuf mois en ce qui concerne l'intensité de la douleur moyenne et de la douleur la plus intense, la sévérité globale de la douleur et l'interférence de la douleur.

Le docteur Vigano dit avoir commencé à utiliser le cannabis médical en 2015, principalement pour stimuler l'appétit de ses patients. Il a réalisé, au fil du temps, que la substance aidait aussi au contrôle de la douleur, possiblement en soulageant le stress et l'anxiété des patients.

Plus de la moitié des patients qui reçoivent un traitement contre le cancer et les deux tiers de ceux qui souffrent d'une maladie avancée, métastatique ou terminale ressentent de la douleur. Des opioïdes leur sont souvent prescrits, mais le soulagement n'est pas toujours complet.

«Il y a toujours des patients qui ne répondent pas complètement aux traitements conventionnels ou qui ont des effets secondaires, a dit le docteur Vigano. Alors pour ces patients, on doit trouver quelque chose de complémentaire pour améliorer le contrôle de la douleur et aussi la qualité de vie.»

Malgré tout, certains patients hésitent quand on leur propose d'ajouter le cannabis médical à leur traitement. C'est une hésitation que le docteur Vigano dit rencontrer plus souvent chez les patients plus âgés, les plus jeunes étant d'emblée un peu plus familiers avec la substance.

«La chose la plus importante, c'est de dire à nos patients que notre but est de contrôler les symptômes, pas de donner des "high", a dit le docteur Vigano en riant. Quand il y a un "high", pour nous, c'est un effet secondaire, alors on utilise toujours la plus petite dose efficace.»

Le cannabis utilisé se présente habituellement sous forme d'huile (parfois dans des gélules) ou est administré par vaporisation puisque l'inhalation de la fumée pourrait être problématique pour certains patients.

Les produits de cannabis les plus efficaces pour soulager la douleur semblent être ceux qui présentent un équilibre entre les ingrédients actifs tétrahydrocannabinol (THC) et cannabidiol (CBD), plutôt qu'une dominance de l'un ou de l'autre.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical BMJ Supportive & Palliative Care.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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