Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Environnement

Les changements climatiques auront peu d’effet sur la production éolienne

Les changements climatiques auront peu d’effet sur la production éolienne
Photo: La Presse Canadienne, 2023
durée

Les changements climatiques ne devraient pas rendre l’énergie éolienne plus difficile à produire dans les prochaines décennies, selon une étude conjointe de Nergica, Ouranos et d’Hydro-Québec.

L’étude, dévoilée mercredi, arrive à la conclusion que l’effet des changements climatiques sur les vents et le givre, deux conditions météorologiques qui jouent sur la production de l’énergie éolienne, ne sera pas significatif sur l’horizon 2031-2060 en Amérique du Nord.

Cette conclusion est une excellente nouvelle, commente la chargée de projet de Nergica, Marilys Clément. «Au Canada, nous, ce qu'on a besoin de savoir, c'est si nos éoliennes en climat froid vont continuer d'être performantes. (...) L'information qu’on vient de fournir, c'est que les éoliennes sont une valeur sûre.»

L’étude apporte ainsi de l’eau au moulin aux élus et aux promoteurs qui veulent miser sur cette filière, ajoute-t-elle. «C’est des informations essentielles à la planification de la transition énergétique.»

Le Québec produit près de 4000 mégawatts (MW) d’énergie éolienne. Le ministre de l’Économie et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, souhaite que cette production soit quadruplée d’ici 2040. «Ça, c’est le minimum», a-t-il dit lors d’une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, vendredi. 

L’humanité devra réduire significativement sa consommation d’énergie fossile pour limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l’ONU.

Au même moment, la consommation d’électricité est appelée à augmenter dans les prochaines décennies dans un contexte de transition énergétique. Au Canada, la Régie de l’énergie du Canada prévoit une progression de 47 % entre 2021 et 2050. 

Au Québec, Hydro-Québec estime qui lui faudra 100 térawattheures pour décarboner l’économie d’ici 2050. Ce chiffre pourrait même être plus élevé, a laissé entendre M. Fitzgibbon, récemment. 

Vents et givre

L’étude a porté sur deux variables: le vent et le givre. Au sujet du vent, les changements climatiques ne devraient pas avoir un effet significatif sur la production éolienne, croit la responsable scientifique d’Ouranos, Hélène Côté. 

«Le vent résulte d'une compétition entre plusieurs mécanismes, qui ne sont pas touchés de la même manière par les changements climatiques, explique-t-elle. Le bilan net de ça, ce sont des changements qui, pour l'instant, dans l'état actuel de la mobilisation climatique, sont négligeables.»

Il ne faut pas extrapoler ces conclusions pour l’Amérique du Nord à l’ensemble de la planète. Il est possible que les hypothèses soient différentes pour d’autres régions du monde, nuance Mme Côté. «Je n'irais pas là. Le comportement peut être différent au-dessus des océans, puis au-dessus des continents.»

Le givre, pour sa part, est déjà un enjeu de taille pour l’industrie éolienne, souligne Mme Clément. «Quand le givre va s'accumuler sur une éolienne, l'éolienne va performer moins. Pour un même vent, sa production va être inférieure. Il y a certaines éoliennes qui vont tourner plus lentement quand il va avoir du givre. Ça peut aller jusqu'à un arrêt complet, donc aucune production.»

Les périodes de givre peuvent aussi entraîner des bris et elles compliquent l’entretien des éoliennes, ajoute-t-elle.

Le givre entraînerait des pertes économiques annuelles estimées à 113 millions $ pour les producteurs éoliens au Canada, selon des données publiées en 2017 par Ressources naturelles Canada. «C’est une estimation parce que les promoteurs privés ne partagent pas la valeur des pertes énergétiques dues au givre», nuance Mme Clément.

L’étude anticipe des changements régionaux par rapport à la saison de givre, mais ceux-ci ne devraient pas avoir d’impacts significatifs sur la production éolienne. 

«Dans nos résultats, on n’a eu aucun changement significatif de givre dans les endroits où les parcs éoliens sont installés, donc plus au sud du Canada. On remarque une augmentation de la durée de la présence de givre dans le Grand Nord, en haut du cercle polaire. Puis on remarque qu'il va y avoir des saisons plus courtes à certains endroits près des océans, près de la baie d'Hudson.»

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Le Canada suspend temporairement les importations de bétail en provenance du Texas
Publié hier à 18h00

Le Canada suspend temporairement les importations de bétail en provenance du Texas

Le Canada restreint temporairement l'importation de bétail en provenance du Texas en raison de craintes liées à une mouche parasite dont les larves sont nécrophages. L'Agence canadienne d'inspection des aliments a indiqué que les animaux provenant du Texas ou ayant séjourné dans cet État au cours des 21 jours précédant le passage de la ...

Environnement Canada prévoit un été plus chaud et plus sec que la normale
Publié hier à 15h00

Environnement Canada prévoit un été plus chaud et plus sec que la normale

Les Canadiens connaîtront un été plus chaud et plus sec que la normale cette année, ce qui accroîtra considérablement les risques de vagues de chaleur et d’incendies de forêt, a prévenu Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) vendredi. Des températures plus chaudes pour cet été et des vagues de chaleur sont attendues à ...

Hydro-Québec affiche un bénéfice net en baisse pour son premier trimestre
Publié hier à 12h00

Hydro-Québec affiche un bénéfice net en baisse pour son premier trimestre

Hydro-Québec rapporte un bénéfice net de 1,850 milliard $ au premier trimestre de l'année, en baisse de 206 millions $ par rapport à la même période en 2025. Les ventes d'électricité ont été en hausse de 275 millions $ au Québec pour les trois premiers mois de 2026, essentiellement en raison des températures plus froides cet hiver. Cet ...