Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Environnement

Devant les champs asséchés, le milieu agricole s'inquiète du manque de pluie

durée 12h00
6 juin 2023
ici

commentaires

ici

likes

 

vues

imprimante
email
Par La Presse Canadienne

Pendant que les forêts nordiques du Québec brûlent, les terres agricoles plus au sud meurent de soif.

Les producteurs agricoles de la Montérégie, de l’Estrie, du Centre-du-Québec et du Bas-Saint-Laurent, notamment, regardent leurs terres asséchées et espèrent des pluies abondantes le plus rapidement possible.

«Il y a de l'inquiétude parce qu'elle vient souvent quand il y a un manque d'eau», explique Martin Caron, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), en entrevue avec La Presse Canadienne.

Ce manque d’eau, si tôt dans la saison, «affecte la croissance au tout début, puis ça risque éventuellement d'affecter la qualité des produits, que ce soit en production de fruits, chez les maraîchers, ou du côté du foin, des fourrages et des céréales, entre autres», poursuit-il. 

Indice d'assèchement élevé

Il est encore trop tôt pour parler d’une situation critique, cependant.

«Nos plantes sont quand même résistantes», précise M. Caron, mais les risques sont bien présents, surtout, dit-il, «qu’il y a un indice d'assèchement un peu plus élevé cette année, qui est aggravé par les vents qu'on a depuis le début de l'année».

La Financière agricole, qui agit en matière de protection du revenu, d’assurance et de financement agricole adaptés à la gestion du risque, évalue les précipitations depuis 1998 et constate qu’elles sont, depuis le 1er avril, en deçà de la moyenne annuelle des 25 dernières années dans les régions mentionnées ci-haut. Toutefois, même si les régions comme l’Outaouais, Laurentides-Lanaudière et autres secteurs inondés ce printemps ont reçu plus de pluie que la moyenne, «on remarque, côté changements climatiques, qu’on reçoit 50 millimètres en un jour ou deux et après, c’est sec», précise le président du syndicat des producteurs.

Utilisation hâtive des réserves d'eau

De plus en plus de producteurs dans le secteur maraîcher, dans la pomme de terre et tous les légumes racines et du côté horticole, se sont dotés de systèmes d’irrigation et ont aménagé des réserves d’eau.

«Déjà, nos producteurs commencent à puiser dans leurs réserves d'eau, tandis que normalement, ils puisent beaucoup plus tard pour faire l’irrigation. Commencer à utiliser les systèmes d’irrigation et les réserves à ce moment-ci, c'est préoccupant», explique Martin Caron.

Lui-même producteur laitier et céréalier, Martin Caron illustre ainsi la situation à laquelle ses collègues sont confrontés: «Si je commence déjà à avoir mes systèmes d’irrigation pour aider, ça peut me mettre à risque si j'arrive un petit peu plus tard à l'automne et que je vais avoir besoin d’eau, mais que mes réserves ne sont pas là ou vont être déjà épuisées, surtout s'il n’y a pas d'autre pluie qui s'en vient.» 

«Pour mes gens, présentement, l’idée de commencer déjà à utiliser des réserves d'eau pour faire de l'irrigation tout de suite les stresse énormément.» 

Investissements coûteux

Pour ceux qui n’ont pas encore investi dans de tels systèmes d’irrigation, le besoin de le faire est confronté à la réalité économique actuelle.

«Nos producteurs ont commencé à s'installer comme ça à cause des changements climatiques. Mais cela implique quand même de gros investissements. Avec la pression actuelle sur l'agriculture en lien avec l'inflation et la hausse des taux d'intérêt, plusieurs producteurs qui voulaient s'équiper cette année pour l’irrigation doivent retarder ces investissements parce qu’il y a un manque de liquidités et, évidemment, le stress est amplifié», raconte-t-il.

«C'est sûr qu'on suit la météo comme vous tous, mais nous on la suit de proche, au quotidien et même aux heures», conclut-il, le sourire dans la voix.

Or, les prévisions météo ne sont pas très encourageantes, sauf pour le Bas-du-Fleuve, où l’on prévoit des précipitations importantes ce mercredi. Dans le sud-ouest du Québec, toutefois, on ne s’attend qu'à un peu de pluie dans les prochains jours, soit certainement pas autant que ne l’espère le milieu agricole. 

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne

commentairesCommentaires

0

Pour partager votre opinion vous devez être connecté.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Données de l'ISQ: les Québécois fument moins la cigarette, mais vapotent plus

La proportion des Québécois qui fument la cigarette tend à diminuer, mais ils sont plus nombreux à vapoter, montre de nouvelles données de l'Institut de la statistique (ISQ) dévoilées jeudi. L'Enquête québécoise sur le tabac et les produits de vapotage de 2023 a été menée auprès de 12 000 personnes de 15 ans et plus. Il en ressort que les jeunes ...

Une protéine pourrait freiner les dommages d'un AVC

Une protéine dont le rôle a récemment été élucidé par un chercheur de l'Université Laval pourrait un jour permettre de minimiser les dommages causés au cerveau par un accident vasculaire cérébral (AVC). Le professeur Ayman ElAli et ses collègues ont ainsi découvert que la protéine PDGF-D, qui est produite dans le cerveau après un AVC par des ...

Héma-Québec lance un appel urgent pour les dons de sang des groupes O+, O- et B-

Héma-Québec lance un appel «urgent» aux personnes appartenant aux groupes sanguins O+, O- et B+ qui seraient prêtes à donner du sang, car ses réserves se sont détériorées dans les dernières semaines. Dans un communiqué publié jeudi matin, Héma-Québec a expliqué que l'arrivée du beau temps a poussé de nombreux donneurs à annuler leur ...