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Centre universitaire de santé McGill

Nouvel espoir face au cancer du sein triple négatif

durée 12h00
24 juillet 2024
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Par La Presse Canadienne

Un médicament déjà utilisé dans la lutte contre d'autres types de cancer du sein pourrait être utilisé face au cancer du sein triple négatif, un sous-type de cancer particulièrement agressif et susceptible de récidiver, démontrent des travaux réalisés au Centre universitaire de santé McGill.

Le cancer du sein triple négatif touche environ 12 % des femmes qui reçoivent un diagnostic de cancer du sein, et surtout les femmes de moins de 50 ans. On manque toutefois de thérapies ciblées pour l'attaquer.

Le cancer du sein triple négatif est donc principalement traité par chimiothérapie, chirurgie, radiothérapie et immunothérapie, mais les taux de récidive et de mortalité demeurent élevés. De plus, l'immunothérapie n'est appropriée que si la femme présente une certaine mutation génétique.

«Malheureusement, il y a souvent un plus haut pourcentage de jeunes femmes et de femmes racisées qui sont diagnostiquées avec ce type de cancer», a expliqué la première auteure de l’étude, Sophie Poulet, qui était étudiante au doctorat à l’IR-CUSM au moment de l’étude.

Les chercheurs ont utilisé la technologie CRISPR pour identifier les gènes qui prédisent l'efficacité du palbociclib, un inhibiteur CDK4/6 très utilisé. Les inhibiteurs CDK4/6 ont révolutionné les soins pour un type de cancer plus répandu, le cancer du sein avancé à récepteurs hormonaux positifs, en freinant, voire en stoppant, la croissance des cellules cancéreuses.

Les inhibiteurs CDK4/6 ne sont actuellement pas proposés aux personnes souffrant d'un cancer du sein triple négatif, car on considère qu’ils ne sont pas efficaces dans ce sous-type de cancer.

Les travaux ont toutefois démontré que le palbociclib pourrait être efficace chez les patientes dont le gène TGF(beta)3 est surexprimé. On pourrait aussi envisager d'administrer un médicament qui accentue l'expression de ce gène afin d’obtenir un effet thérapeutique synergique avec le palbociclib.

«On a utilisé une librairie qui nous permettait de tester un à un les 20 000 gènes humains dans les cellules, a dit Mme Poulet. On les a éteints un par un. Puis on a regardé quelle cellule était plus sensible ou plus résistante aux médicaments une fois le gène éteint. Et ça nous a permis d'obtenir une liste de gènes responsables de changer ou de régler la sensibilité aux médicaments dans les cellules.»

Ces résultats pourraient permettre de personnaliser le traitement des patientes atteintes d'un cancer du sein triple négatif ou d’autres tumeurs solides en identifiant celles qui sont porteuses de gènes associés à l’efficacité des inhibiteurs CDK4/6.

La palbociclib a aussi l'avantage d'être plus facile à administrer que les autres traitements, puisqu'il s'agit simplement d'un comprimé à avaler.

Les conclusions de cette étude découlent d'expériences réalisées en laboratoire. D'autres travaux précliniques seront nécessaires avant qu'on puisse envisager d'offrir le palbociclib aux femmes atteintes d'un cancer du sein triple négatif.

Le cancer du sein représente le quart de tous les diagnostics de cancer chez la femme.

Les conclusions de cette étude dirigée par le professeur Jean-Jacques Lebrun ont été publiées par la revue scientifique Molecular Cancer.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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