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Étendue aux écoles privées, religieuses et aux CPE

Laïcité: le projet de loi du ministre Bernard Drainville divise

Laïcité: le projet de loi du ministre Bernard Drainville divise
Photo: La Presse Canadienne, 2024
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Le projet de loi du ministre Bernard Drainville qui vise à élargir la laïcité dans les écoles du Québec est loin de faire consensus. Alors que la liste des personnes qui demandent que la pièce législative aille plus loin augmente, d’autres réclament purement et simplement son retrait.

En commission parlementaire mardi matin, le philosophe Normand Baillargeon a dit souhaiter que la laïcité soit étendue «aux écoles privées, aux écoles religieuses et aux CPE».

«Il faut que l'école soit un lieu de formation à la pensée critique, incarné dans cet idéal de laïcité et d'universel», a-t-il soutenu.

M. Baillargeon a dit que sa réflexion n’était pas encore terminée quant au cégep. «Mais pour le reste, je maintiens ce que je viens de soutenir: l'interdiction des signes religieux partout et pour tous, sans aucune réserve. Aucun compromis sur les accommodements ou les exceptions, comme des salles de prière», a-t-il ajouté à l’Assemblée nationale mardi.

Le groupe féministe Pour les droits des femmes au Québec (PDF Québec) réclame «l’interdiction complète du port de signes religieux à l’école par les élèves du primaire et du secondaire, du secteur privé comme public».

PDF Québec demande que les signes religieux soient prohibés dans les garderies et les CPE pour les enfants et le personnel, ainsi que l’interdiction des lieux de prière dans les cégeps et les universités.

Le projet de loi 94 prévoit d’étendre l’interdiction du port de signes religieux à l’ensemble du personnel des écoles publiques, ainsi qu’aux personnes travaillant dans le cadre d’ententes avec les établissements scolaires. Une clause de droits acquis est néanmoins prévue pour tous ceux qui sont déjà en fonction.

Le ministre de l'Éducation, Bernard Drainville, a déjà fermé la porte à étendre l'interdiction des signes religieux aux élèves.

Le ministre a dit mardi que les écoles privées seront considérées dans un second temps. «Déjà, ce que nous avons déposé pour ce qui est de l'école publique, c'est considérable. Donc, on va y aller par étapes», a-t-il affirmé.

La pièce législative va aussi interdire le voile intégral dans les écoles publiques et privées, tant pour les élèves que pour le personnel.

Le projet de loi 94 a été déposé dans la foulée de manquements à la laïcité qui ont été observés dans plusieurs écoles québécoises, dont Bedford à Montréal.

Il y a deux semaines, l’éminent sociologue Guy Rocher a soutenu qu’il fallait étendre l’interdiction des signes religieux aux élèves des écoles publiques du Québec.

Pour sa part, le Mouvement laïque québécois (MLQ) a demandé l’interdiction des «tenues vestimentaires religieuses» – comme le hidjab et l’abaya – pour les élèves. La France a déjà une loi qui va dans ce sens depuis 2004.

La Ligue des droits et libertés (LDL) a demandé jeudi le retrait du projet de loi 94, affirmant qu’il est «contraire à une laïcité ouverte et inclusive et qu'il est attentatoire aux droits et libertés protégés par les Chartes québécoise et canadienne et par le droit international des droits humains».

«En imposant une sécularisation forcée aux individus et en excluant des personnes du système d'éducation publique en raison de l'expression de leur appartenance culturelle et religieuse, le projet de loi 94 propose un modèle de gestion du pluralisme de type assimilationniste», a affirmé la porte-parole de la LDL, Diane Lamoureux, mardi.

Dans une lettre publiée dans «La Presse» mardi matin, trois anciennes députées, Françoise David (QS), Louise Harel (PQ) et Christine St-Pierre (PLQ), ont condamné le projet de loi du ministre Drainville, soutenant qu’il «pénalisera surtout les femmes».

La CSN a aussi déjà réclamé que la pièce législative du ministre Drainville soit retirée, arguant entre autres qu’elle empirerait le manque de personnel dans le réseau.

Thomas Laberge, La Presse Canadienne

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