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Elles le réclamaient depuis longtemps

Les IPS au sein d'un GMF pourront directement prendre des patients à leur charge

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20 février 2026
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Par La Presse Canadienne

Elles le réclamaient depuis longtemps, les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) qui œuvrent au sein d'un groupe de médecine de famille (GMF) pourront désormais inscrire directement des patients à leur nom.

L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) accueille favorablement l'amendement au projet de loi 19, qui réécrit la controversée loi 2.

Depuis le 15 avril 2024, les IPS spécialisées en soins de première ligne peuvent prendre en charge des patients inscrits au guichet d'accès à un médecin de famille (GAMF), ce que seuls les médecins pouvaient faire jusqu'alors. Mais cela s'appliquait seulement à celles qui travaillent en cliniques IPS.

Le président de l'OIIQ, Luc Mathieu, s'attend à ce que l'élargissement de cette mesure augmente l'accès aux soins, mais il nuance que «ce n'est pas la solution miracle à tous les maux du système de santé».

«La petite maxime que j'aime bien, c'est de dire: ''un médecin quand c'est nécessaire, mais pas nécessairement un médecin''. Et ce n'est pas nécessairement non plus une IPS, ça peut être un autre professionnel de l'équipe de soins», ajoute le président de l'OIIQ.

Tout de même, cela va permettre une prise en charge plus fluide, dit-il. «Souvent, un patient peut être inscrit au nom d'un médecin, et là le médecin pouvait demander à une IPS de le suivre», explique M. Mathieu.

On compte actuellement 1412 IPS en première ligne sur les 2062 infirmières praticiennes spécialisées en exercice au Québec. Chaque IPS en première ligne peut prendre en charge jusqu'à 800 patients, mais ce nombre varie selon la complexité des cas.

«Des fois, on entend [...] que les IPS sont moins productives que les médecins. Mais il faut comparer des pommes avec des pommes, prévient M. Mathieu. Si un médecin planifie tous ses rendez-vous aux 15 minutes et dit: ''moi c'est un rendez-vous, un problème de santé'' — ce qui, à mon sens, est une aberration — alors que si une IPS reçoit quelqu'un qui a deux, trois, quatre problèmes de santé chroniques, elle va le prendre en charge. À ce moment-là, c'est sûr que ça va prendre plus de temps [...] et elle risque de voir moins de patients

Le gouvernement vise avec le projet de loi 19, qui doit refléter l'entente conclue avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, une prise en charge de 500 000 patients supplémentaires d'ici le 30 juin 2026. Les IPS en GMF pourront participer à cette prise en charge.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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