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Une influence négative

Les réseaux sociaux augmentent l'insatisfaction de l'image corporelle chez les ados

Les réseaux sociaux augmentent l'insatisfaction de l'image corporelle chez les ados
Photo: La Presse Canadienne
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Plus que jamais, les jeunes sont branchés à leur téléphone cellulaire et passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux. C'est surtout la façon dont les adolescents utilisent les plateformes — et pas seulement le temps passé sur celles-ci — qui va influencer négativement leur image corporelle.

L'utilisation des réseaux sociaux est associée à une baisse de l'estime de soi, une augmentation de l'insatisfaction de l'image corporelle et une augmentation des symptômes liés aux troubles alimentaires chez les ados, résume la nutritionniste Andréanne Poutré, lors d'une conférence organisée jeudi par l'Institut de recherche clinique de Montréal (IRCM).

«Une utilisation des réseaux sociaux qui va être axée sur l'apparence va être plus associée à des répercussions négatives sur l'image corporelle», indique Mme Poutré. Elle donne en exemple le fait d'être exposé à beaucoup d'égoportraits ou d'images de corps qui sont retouchées par des filtres.

Mme Poutré, qui est cheffe de projet pour l'organisme Équilibre, souligne par ailleurs qu'on peut avoir une image corporelle positive tout en aimant un peu moins une partie de son corps.

Elle ne veut surtout pas démoniser les réseaux sociaux. Elle souligne que pour certains jeunes, les réseaux sociaux sont l'occasion d'être valorisé au sein d'une communauté. «Ça peut devenir un espace où ils peuvent se sentir acceptés comme ils sont», dit-elle.

Les réseaux sociaux peuvent également les aider à découvrir leur identité, avoir l'occasion de partager leurs intérêts et leurs passions. «Et ça, c'est une bonne façon justement de s'éloigner de l'importance qui est accordée à l'apparence parce qu'on peut parler de plein d'autres choses finalement avec les réseaux sociaux», fait valoir l'experte.

De plus, lorsqu'on arrive à «entraîner son algorithme», on peut s'exposer à beaucoup d'images de diversité corporelle.

Plus de la moitié des ados voudraient une silhouette différente

Néanmoins, les effets néfastes potentiels des réseaux sociaux sont nombreux. Ils ont un impact sur l'image corporelle, qui s'insère dans plusieurs sphères de la vie d'une personne. Entre autres, les relations qu'on entretient avec les autres, l'estime de soi, la santé mentale, la relation qu'on développe avec les aliments ou avec l'activité physique. «Tout ça, ça touche à l'image corporelle», pointe la nutritionniste.

Selon des données issues de l'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, qui ont été collectées auprès de 70 000 élèves du secondaire en 2022-2023, 58 % des jeunes de 12 à 17 ans voudraient une silhouette différente. Dix ans auparavant, c'était 48 %.

Plus précisément, 37 % des ados voudraient une silhouette plus mince (majoritairement des filles) et 21 % voudraient une silhouette plus forte (majoritairement des garçons).

L'un des problèmes est que les réseaux sociaux offrent généralement peu de diversité et une omniprésence des représentations des standards de beauté. De plus, l'importance accordée à l'apparence est amplifiée et la réalité, bien souvent, est déformée.

«Que ce soit par le choix des sujets qui sont abordés, le choix de la meilleure photo, par l'utilisation de filtres ou d'applications. Ce n'est plus juste les personnalités publiques ou les mannequins qui peuvent accéder à cette apparence modifiée, c'est vraiment tout le monde autour de nous, y compris nous, donc nos amis, nos collègues, nos camarades de classe», mentionne Mme Poutré.

Pour la personne qui utilise un filtre, sur le coup, cela peut renforcer son estime de soi, mais ce sera très éphémère, affirme Mme Poutré. Les jeunes vont internaliser les modèles de beauté et après coup, cela va nuire à leur confiance, leur estime de soi et leur satisfaction corporelle.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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