Les femmes locataires sont davantage prisonnières de leur logement, rappelle le RCLALQ
Pandémie, confinement et violence conjugale
À la veille de la Journée internationale pour les droits des femmes, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) tient à rappeler que près du deux tiers des situations de violence conjugale ou des agressions sexuelles ne se déroulent pas sur la rue ou ailleurs, mais bel et bien dans le logement des femmes.
La pandémie les ayant confinées dans le lieu de leur agression, les femmes pauvres, racisées, à statut précaire, monoparentales ou en situation de handicap sont encore plus touchées par les conséquences des violences sexuelles qu'elles subissent.
Dans la dernière année, les comités logement ont constaté une montée de la détresse psychologique auprès des locataires qui les contactent et plus particulièrement chez les femmes locataires, qui ne savent plus vers qui se tourner si leur logement est la source de leurs agressions.
« Les femmes nous disent qu'elles ont peur de déménager, non seulement en raison du virus, mais aussi parce que les logements sont trop chers et que les propriétaires refusent de leur louer un logement pour des motifs discriminatoires », dénonce Marjolaine Deneault, porte-parole du RCLALQ.
« Elles ne peuvent plus être hébergées par des proches et elles ont peur d'attraper le virus si elles fréquentent des ressources d'hébergement communautaires. Et les violences se déroulant souvent le soir, le couvre-feu est une barrière supplémentaire qui les pousse à demeurer dans un logement violent », ajoute la porte-parole.
Alors que le marché locatif actuel ne peut leur donner accès à un logement abordable, de taille convenable et salubre, le RCLALQ réclame que la ministre de l'Habitation, Andrée Laforest, mette en place de toute urgence, des mesures pour soulager les ménages locataires précaires durement touchés par la pandémie, dont une majorité sont des femmes.
Le Regroupement réclame notamment un gel des augmentations de loyer le plus rapidement possible ainsi que la mise en place de mesures de contrôle des loyers pour éviter l'explosion des prix sur le marché locatif.
« Si les femmes peuvent avoir accès à des logements abordables, elles oseront davantage quitter un logement violent. Bien que ces mesures bénéficieront à l'ensemble des ménages locataires, elles sont essentielles pour assurer la sécurité des femmes locataires », souligne madame Deneault.
Une ressource incontournable
Le RCLALQ rappelle que les femmes locataires peuvent compter sur l'écoute et le soutien des comités logement situés un peu partout au Québec. Ils peuvent les aider avec les démarches leur permettant de résilier leur bail en cas de violences sexuelles et ils peuvent aussi les diriger vers les autres ressources d'aide comme les maisons d'hébergement, les CALACS ou les centres de femmes de leur région.
Elles peuvent trouver le comité logement le plus près de chez elles à l'aide de la carte interactive du RCLALQ disponible ici.
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