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Rapport du groupe Ouranos

Changement climatique: un «état des connaissances» sur l'agriculture au Québec

durée 13h00
9 août 2022
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Par La Presse Canadienne

Au Québec, le changement climatique aura, sur l'agriculture, des effets qui causeront des dommages, mais certaines cultures pourront aussi en bénéficier. Les agriculteurs qui adapteront leurs pratiques seront ceux qui subiront le moins les impacts climatiques.

C'est l'une des conclusions du chapitre québécois du rapport Le Canada dans un climat en changement : perspectives régionales, publié mardi matin par les chercheurs du groupe Ouranos.

Le rapport de 127 pages présente un «état des connaissances» des impacts des changements climatiques sur le Québec.

Soya et maïs: une saison de récolte plus longue
La production de plusieurs cultures pourrait bénéficier des changements climatiques grâce à une saison de croissance plus longue, notamment le soya et le maïs qui sont les deux principales cultures au Québec.

La zone de production de ces deux types de grains pourrait également s'étendre sur le territoire, en se développement plus au nord. 

C'est le cas également pour la culture commerciale de la pomme, qui est actuellement limitée aux régions sud du Québec, mais qui pourrait éventuellement s’étendre à «des régions avec un nouveau potentiel climatique viticole, comme le sud de l’Outaouais et la vallée du Saint-Laurent».

Le rapport souligne que ces modifications pourraient «favoriser la position concurrentielle du Québec pour ces mêmes productions agricoles».

Certaines céréales s'adapteront difficilement
À l’inverse, des cultures comme le canola, l’orge et le blé, qui sont mieux adaptées aux régions fraîches, pourraient souffrir des conditions de croissance plus chaudes.

Également, la mortalité hivernale des cultures pérennes, c'est-à-dire des cultures qui normalement ne dépendent pas des saisons et qui vivent et restent productives pendant plusieurs années, pourrait être accentuée par des automnes plus chauds, ainsi que des redoux et des épisodes de pluie plus fréquents durant l’hiver.

Les chercheurs d'Ouranos donnent l'exemple de la luzerne et du dactyle pelotonné, qui sont utilisés dans l’alimentation des bovins.

Plus de maladies et d'espèces envahissantes
Les changements climatiques pourraient aussi favoriser l'apparition et la prolifération de certaines maladies, de mauvaises herbes et d’espèces exotiques envahissantes comme le nématode à kyste du soya, qui a été détecté pour la première fois au Québec en 2013.

Celui-ci pourrait s'étendre sur le territoire en raison du réchauffement du climat. Les chercheurs soulignent que la pression croissante d'espèces envahissantes et «d'ennemis des cultures» risque d'augmenter l’utilisation de pesticides, qui entraînerait des répercussions sur la qualité de l’environnement et sur la santé humaine.

Les rendements de certaines cultures seront affectés par les changements climatiques, à ce sujet, le rapport donne l'exemple de la culture du foin et des pommes de terre qui ont été inférieurs à la moyenne lors des étés 2017 et 2018 dans la région du Bas-Saint-Laurent en raison de période de sécheresse importante.

«Avec les changements climatiques, des déficits hydriques de ce genre pourraient survenir plus fréquemment et affecter la qualité nutritive et la quantité des récoltes», peut-on lire dans le rapport.

Ces épisodes de sécheresse, et les épisodes de chaleur intense «pourront être nuisibles aux animaux d’élevage tels que les bovins, les porcs et la volaille, affectant les gains de poids, la production de lait ou d’œufs, la reproduction ou encore leur bien-être».

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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